La vice-présidente de la Commission européenne, Dubravka Šuica, la Secrétaire d'État portugaise aux Affaires européennes, Ana Paula Zacarias, et l'eurodéputé Guy Verhofstadt, qui coprésident le comité exécutif de la Conférence sur l'avenir de l'Europe (EUROPE 12694/9, 12686/32), ont présenté, lundi 19 avril, la plateforme numérique et plurilingue de cette consultation paneuropéenne.
« Chers citoyens européens, la parole est à vous ! », a déclaré Mme Šuica, convaincue que la plateforme permettra réellement de placer les citoyens au cœur de la réflexion sur l'avenir de l'Union européenne. Elle a indiqué que la plateforme permettra à chaque citoyen de l'UE, où qu'il réside dans le monde, de s'informer sur la tenue de débats proches de son domicile. Chaque participant pourra proposer des idées dans les neuf thèmes suggérés - dont la santé, le climat, les valeurs fondamentales et l'UE dans le monde - et proposer de nouveaux thèmes.
La plateforme est disponible dans les 24 langues officielles de l'UE grâce à un outil de traduction automatique et un participant pourra même contribuer dans une langue officielle nationale, comme le catalan. Les créateurs de la plateforme espèrent que les ressources en contenu disponibles sur le site Internet dédié ainsi que le format en ligne susciteront l'intérêt d'un public moins informé qui, généralement, s'implique moins sur les questions européennes.
Afin de garantir que les principes établis dans la Charte de la Conférence soient respectés et d'éviter la désinformation, voire un détournement de la plateforme à d'autres fins que le débat sur l'Europe, une modération en plusieurs étapes sera mise en place. Il sera possible, selon une source, de « cacher du contenu inapproprié dans des conditions strictes, voire même de bloquer un contributeur ayant des intentions nuisibles ».
Les données via la plateforme serviront à produire, grâce à l'intelligence artificielle et une équipe d'analystes du Centre commun de recherche de la Commission (JRC), des rapports plus qualitatifs que quantitatifs qui alimenteront les débats des agoras citoyennes et des sessions plénières de la Conférence.
À ce titre, Mme Šuica a évoqué la tenue de quatre agoras, la première devant avoir lieu fin juin, et de quatre sessions plénières. L'événement de lancement est fixé au 9 mai prochain, mais aucun des trois coprésidents n'a confirmé sa tenue à Strasbourg dans l'hémicycle du Parlement européen.
Guy Verhofstadt a qualifié la plateforme numérique interactive de véritable « carrefour » ('hub') entre les événements qui auront lieu sur le terrain aux niveaux local, régional, national et européen. Ce n'est ni une consultation ni un sondage Eurobaromètre supplémentaire, a-t-il insisté.
Interrogé sur un possible changement de traité que réclameraient les citoyens, le libéral belge a estimé que « rien n'était impossible », puisque la déclaration interinstitutionnelle jetant les bases de la Conférence reste muette sur la question (EUROPE 12675/6). La vice-présidente de la Commission a souligné l'importance de ne pas préempter le résultat des débats à venir qui dureront au moins un an, de premières conclusions politiques étant attendues au printemps 2022 sous Présidence française du Conseil de l'UE.
Mme Zacarias a promis qu'elle ferait la promotion de la plateforme à ses homologues ce mardi, lors du Conseil 'Affaires générales' (voir autre nouvelle), afin que les États membres se mobilisent pour lancer le débat sur l'avenir de l'UE. À propos des moyens financiers nécessaires à l'organisation de la Conférence et à la gestion de la plateforme en ligne, elle a estimé que les bénéfices dépasseraient largement les coûts occasionnés.
Participer à la plateforme : https://bit.ly/3edA6Fh (Mathieu Bion)