Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé, lundi 22 février, que les ministres des Affaires étrangères européens avaient donné leur accord politique pour sanctionner les responsables du coup d'État du 1er février en Birmanie, un coup de force qu’ils condamnent dans des conclusions.
« Nous allons prendre des sanctions ciblées à l'encontre des militaires responsables du coup d'État et de leurs intérêts économiques », a expliqué le Haut Représentant à l'issue du Conseil, rappelant que l'armée gérait une partie importante de l'économie birmane. Selon M. Borrell, l'UE va aussi suspendre son soutien financier direct aux réformes du gouvernement.
« Tous les autres instruments dont disposent l'UE et ses États membres seront examinés », prévient le Conseil dans ses conclusions, ajoutant que l’Union s’efforcerait d'éviter les mesures susceptibles de porter préjudice à la population, en particulier aux plus vulnérables. M. Borrell s'est donc opposé à l'annulation de l'initiative 'tout sauf les armes'. Il a prévenu que l'UE poursuivrait son aide à la société civile et à la population.
Le Conseil invite le Haut Représentant et la Commission européenne à « élaborer des propositions appropriées » et prévient d’ores et déjà qu’il suivra en permanence les relations de l’UE avec la Birmanie et envisagera, le cas échéant, de nouvelles mesures.
Au-delà de possibles mesures, le Conseil appelle à un apaisement par la levée immédiate de l’état d’urgence, le rétablissement du gouvernement civil légitime et l'ouverture du parlement nouvellement élu. « L’armée doit renoncer à son action », préviennent les ministres, qui soulignent la solidarité de l’UE avec les citoyens birmans « qui exercent leur droit fondamental de se réunir pacifiquement pour soutenir le gouvernement et le parlement civils légitimes, et leur choix d'un avenir démocratique ».
Condamnant la répression militaire et policière contre les manifestants pacifiques, les ministres demandent aux autorités de faire preuve d'un maximum de retenue et à toutes les parties de s'abstenir de recourir à la violence, conformément au droit international. « La situation est très inquiétante. Des personnes ont été tuées lors de manifestations », a dénoncé M. Borrell.
Le Conseil appelle aussi à la libération des personnes détenues en lien avec le coup d’État, à un accès sans entrave aux télécommunications et à l’information et au respect des libertés d'expression, d'association et de réunion, de l'État de droit et des droits de l'homme.
L’UE se dit prête à soutenir le dialogue avec tous les acteurs essentiels qui souhaitent résoudre la situation « de bonne foi », en vue de faciliter un rétablissement rapide du pouvoir aux institutions démocratiques légitimes. « L'UE collaborera avec tous ceux qui sont disposés à soutenir la démocratie, l'État de droit et la bonne gestion des affaires publiques et à assurer le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales en Birmanie », ajoutent les ministres, qui précisent que l’Union utilisera tous les canaux de dialogue avec d'autres partenaires régionaux et internationaux.
Voir les conclusions : https://bit.ly/3aFBdwD (Camille-Cerise Gessant)