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Bulletin Quotidien Europe N° 12641
Sommaire Publication complète Par article 22 / 37
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Fabrice Leggeri n'a pas dit toute la vérité sur les mesures de Frontex pour améliorer les droits fondamentaux des migrants, selon la Commission

La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a mis en doute, lundi 18 janvier, lors d'un entretien accordé à plusieurs médias, les paroles du directeur de l’Agence européenne de garde-côtes et garde-frontières (Frontex), Fabrice Leggeri, prononcées devant le Parlement européen début décembre 2020 au sujet des allégations de refoulement de migrants (EUROPE 12613/7).

La commissaire a ainsi estimé que certains propos relatifs aux retards dans l’embauche de personnel dédié à la surveillance du respect par Frontex des droits fondamentaux des migrants n’étaient « pas vrais », a rapporté le journal Le Monde.

Par ailleurs, le site Statewatch a publié une lettre envoyée à M. Leggeri par la directrice-générale des services à la Migration et aux Affaires intérieures de la Commission (DG Home), Monique Pariat, dans laquelle celle-ci exprime sa « consternation » après cette intervention au PE.

Le patron de Frontex, qui fait l’objet d’une enquête de l’OLAF pour ces faits supposés de refoulements, mais aussi pour des accusations de harcèlement et de mauvaise administration, avait expliqué que l’embauche de personnes et la mise en place de nouvelles dispositions pour les droits fondamentaux prévue début décembre avaient été retardées par diverses procédures liées en partie à des actions de la Commission elle même.

Un compte-rendu que Mme Pariat rejette en bloc. Les nouvelles obligations comprennent la mise sur pied d'un bureau des droits fondamentaux indépendant et pleinement opérationnel, d'un mécanisme de plaintes accessible et d'un mécanisme crédible de signalement des incidents graves.

Un responsable des droits fondamentaux est aussi censé être désigné pour diriger une équipe d'au moins 40 contrôleurs des droits fondamentaux que Frontex était légalement tenue de recruter avant le 5 décembre dernier.

Versions différentes

Fabrice Leggeri avait dit avoir donné la priorité au recrutement rapide de ce personnel, mais, selon lui, les avis de vacance publiés par Frontex avaient été retirés à la demande de la Commission pour être republiés en novembre 2020. La fonctionnaire explique toutefois qu’il fallait notamment le consentement du conseil d’administration de l'Agence et que, sans cela, les avis de vacances auraient été frappés d’irrégularités.

Mais le directeur de Frontex aurait, au contraire, un peu trop insisté sur ces problèmes de procédures et d’irrégularités, ce qui a plutôt été considéré par la fonctionnaire comme une façon de faire traîner les choses.

Selon le journal grec Kathimerini, le Français aurait même tout simplement exprimé ses réticences quant à ces embauches et montré très peu d’empressement à tenir le délai du 5 décembre, citant des sources internes de l’agence.

Nouveau conseil d'administration

Fin 2020, plusieurs eurodéputés ont demandé la démission de M. Leggeri après cette audition au Parlement au cours de laquelle il avait contesté toute implication de l'agence dans des refoulements de migrants. Mais M. Leggeri n'a pas l'intention de démissionner, selon l'AFP.

Quatre conseils d’administration de Frontex ont eu lieu depuis novembre sur cette affaire et une nouvelle réunion a eu lieu les 20 et 21 janvier à Varsovie, siège de l'agence.

Des conclusions relatives aux enquêtes sur les refoulements devaient être transmises et les questions sur le processus de recrutement étaient également à l'ordre du jour, a indiqué la Commission.

Celle-ci s'est dite « convaincue qu'avec le processus mis en place par le conseil d'administration et avec la coopération du directeur exécutif, ces questions pourront être traitées de manière constructive ». « La Commission est disposée à travailler à ce sujet avec le conseil d'administration et le directeur exécutif », a commenté le service du porte-parole de Mme Johansson. (Solenn Paulic)

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