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Bulletin Quotidien Europe N° 12628
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / SantÉ

L'UE rejette les critiques portant sur la lenteur du processus de vaccination contre la Covid-19

Les États membres de l'Union européenne démarrent poussivement leurs campagnes de vaccination, après le feu vert donné en décembre par la Commission européenne au vaccin commercialisé par l'alliance formée par BioNTech et Pfizer. Au 4 janvier, à peine quelques centaines de milliers de personnes avaient reçu une première dose dans l'ensemble de l'UE, avec de grandes variations entre les pays.

Ces chiffres détonnent avec ceux de la Chine, des États-Unis ou encore d'Israël, qui ont déjà administré plusieurs millions de doses.

Face aux critiques, la Commission européenne s'est défendue, lundi 4 janvier, d'agir de façon trop timorée. Elle a néanmoins fait savoir qu'elle était en discussion avec Pfizer/BioNTech afin de voir « s'il est possible d’ajouter des doses additionnelles à celles sur lesquelles il y a déjà un accord ».

Le contrat d'achat anticipé conclu avec cette alliance germano-américaine porte sur un total de 300 millions de doses. 

« Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier »

« L'UE a réussi à assurer un portefeuille diversifié de vaccins dans une période de grandes incertitudes », a affirmé, lors du rendez-vous de midi avec la presse, le porte-parole à la santé de l'institution, Stefan de Keersmaecker, ajoutant que l'UE ne voulait « pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». 

Pour rappel, la Commission a négocié une option d'achat pour 2 milliards de doses de 6 candidats vaccins, à savoir ceux de Pfizer/BioNTech, AstraZeneca, Johnson & Johnson, CureVac, Moderna et Sanofi-GSK. Un 7e contrat devrait également voir le jour, après la conclusion de discussions préliminaires, avec Novavax (EUROPE 12625/7).

À ce stade, seul le vaccin de Pfizer/BioNTech bénéficie d'une autorisation de mise sur le marché conditionnelle dans l'UE-27 (EUROPE 12627/3). La Commission doit également statuer dans les prochains jours sur le candidat développé par Moderna pour lequel 160 millions de doses ont été pré-réservées. Elle attend pour ce faire l'avis de l'EMA, qui devrait tomber mercredi 6 janvier.

Pas d'autre date à l'horizon

Pour les autres candidats vaccins, il faudra être patient, l'EMA étant toujours en train d'analyser les données communiquées par les entreprises. 

C'est également le cas pour le candidat développé par AstraZeneca administré au Royaume-Uni depuis ce lundi. Dans un communiqué publié le 30 décembre 2020, l'EMA indiquait être toujours en train d'analyser, dans le cadre de son évaluation en continu ('rolling review'), les dernières données cliniques communiquées le 21 décembre par la firme.

« Des informations scientifiques supplémentaires sur les questions liées à la qualité, à l'innocuité et à l'efficacité du vaccin sont jugées nécessaires pour soutenir la rigueur requise pour une autorisation de mise sur le marché conditionnelle et cela a été demandé à l'entreprise. De plus amples informations sur les essais cliniques en cours sont également attendues à partir de janvier. Les données provisoires d'un grand essai en cours aux USA sont attendues au premier trimestre 2021 », a expliqué l'agence de l'UE.

L'UE, bouc émissaire ?

Habituée à prendre des coups, la Commission a insisté sur le fait qu'elle privilégie la sécurité et l'efficacité des vaccins. Elle a en outre indiqué être en contact constant avec les fabricants et les États membres pour voir comment améliorer la capacité de production. Mais elle a refusé de commenter un éventuel manque de préparation de la part de certains États, se bornant à rappeler que ses recommandations dataient de la mi-octobre (EUROPE 12582/7).

Enfin, sur l'information selon laquelle l'institution aurait décliné l'offre de Pfizer portant sur 500 millions de doses, Stefan de Keersmaecker a encore botté en touche lundi, insistant toutefois sur le fait qu'« en octobre, il y avait encore des doutes sur la technologie utilisant l'ARN messager ».

Si le processus européen empêche normalement les contrats bilatéraux, le ministère allemand de la Santé a confirmé à EUROPE avoir réservé à BioNTech 30 millions de doses supplémentaires, donc en marge des 300 millions de doses européennes, « puisqu'il n'est pas certain que tous les vaccins candidats actuels soient approuvés », a indiqué le ministère allemand. (Sophie Petitjean)

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