Le Portugal, qui assure la Présidence du Conseil de l’UE depuis le 1er janvier, veut donner la priorité à une « orientation plus opérationnelle » de la stratégie globale de l’UE, par l’intermédiaire des ‘orientations stratégiques’ européennes communes, selon le programme de Présidence.
En matière de Politique de sécurité et de défense commune (PSDC), la Présidence portugaise du Conseil de l’UE entend assurer la continuité de la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du pacte en matière de PSDC civile et lui donner de la visibilité (EUROPE 12617/31). Lisbonne veut aussi favoriser une approche intégrée et durable du lien entre la sécurité et la défense intérieures et extérieures de l’UE.
Le Portugal souhaite également encourager une réflexion sur l’efficacité des missions et opérations militaires de l’UE. L’Union en a actuellement six : EUTM Somalie, EUTM Mali et EUTM RCA, EUNAVFOR Med Irini et Atalanta et EUFOR Althea.
Le renforcement du partenariat entre l’Union et l’Afrique en matière de sécurité et de défense, en particulier dans le Sahel et le golfe de Guinée, sera une autre priorité portugaise. Cela doit se faire notamment par le biais du renforcement des capacités, en coopération avec les organisations multilatérales, dont les Nations unies. « Nous organiserons, en mars à Lisbonne, avec le Haut Représentant (de l’UE), une réunion ministérielle de l’UE avec des organisations partenaires africaines sur la paix et la sécurité », précise le programme de Présidence. Plus généralement, le Portugal veut approfondir les synergies avec les entités régionales pertinentes en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et au Sahel.
Concernant la défense, la Présidence veut contribuer à l’approfondissement de la coopération européenne en matière de développement des capacités « en vue de favoriser la base industrielle et technologique de défense européenne et le rôle spécifique des PME ». « Nous proposerons la définition d’une approche commune pour l’économie européenne de la défense, qui s’appuiera sur une méthodologie inclusive, diversifiée et durable », explique-t-elle. Lisbonne préconise de rendre opérationnel le Fonds européen de la défense, en cherchant à l’orienter vers le développement de secteurs technologiques critiques. En avril, la Présidence organisera à Porto, avec l’Agence européenne de défense, une conférence de haut niveau sur l’impact des technologies de rupture sur la sécurité et la défense.
Le Portugal souhaite aussi l’inclusion, dans le cadre de la coopération structurée permanente, de critères exigeants pour l’adaptation de la défense et de la sécurité au changement climatique et entend proposer une feuille de route prévoyant l’adoption de mesures dans ce domaine.
La sécurité maritime sera un autre domaine d’action de la Présidence, qui veut encourager une réflexion fondée sur la mise à jour de l’évaluation des menaces dans des zones maritimes pertinentes « telles que le golfe de Guinée et l’Atlantique » et la mise en œuvre de nouveaux concepts tels que les ‘présences maritimes coordonnées’ (EUROPE 12581/19) ainsi que la mise en place du renforcement des capacités dans des pays tiers.
« Nous procéderons au développement d’un outil de mise en œuvre du plan d’action pour la stratégie de sûreté maritime de l’UE », explique la Présidence, qui officialisera en mai le lancement de l''Atlantic Centre' aux Açores. Ce centre mènera des recherches sur les menaces et problèmes que connaissent les pays de l’Atlantique afin de développer des solutions communes, encourager le dialogue et développer le renforcement des capacités de défense pour renforcer la sécurité dans l'espace commun de l'Atlantique.
Dans le cadre de la coopération avec l’OTAN, la Présidence accordera une attention particulière aux menaces hybrides, à la cyberdéfense, à la sécurité maritime (y compris le renforcement des capacités des partenaires), à la mobilité militaire et à la réponse aux situations d’urgence complexes (EUROPE 12623/25).
Enfin, la Présidence soutiendra les travaux du groupe de travail créé par le Service européen pour l'action extérieure pour évaluer la réaction des forces armées des États membres à la pandémie en identifiant les lacunes, les défis, les bonnes pratiques et les moyens d’améliorer la coopération et la coordination en réponse aux situations d’urgence complexes. (Camille-Cerise Gessant)