Le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Peter Stano, a estimé, lundi 4 janvier, que l’enrichissement d’uranium à 20%, tel qu’annoncé par l’Iran, s’il était effectif, « constituerait une entorse considérable à ses engagements nucléaires » dans le cadre du cadre d’action conjoint (JCPOA). Il a ajouté que cela aurait de « graves conséquences en matière de non-prolifération ».
Pour M. Stano, toute mesure qui minerait la préservation de l’accord sur le nucléaire iranien devrait être évitée. « L’accord existera tant que les participants rempliront leurs obligations », a-t-il ajouté.
Le porte-parole a expliqué que l’UE attendait la confirmation de l’enrichissement par l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avant de réagir. Cette confirmation est arrivée dans l’après-midi, mais, à l’heure de notre bouclage, l’UE n’avait pas encore fait de déclarations supplémentaires.
De son côté, le représentant russe auprès de l’AIEA n’a pas voulu dramatiser l’annonce. « Nous ne sommes pas enthousiastes à l'idée que Téhéran continue de s'écarter de ses engagements au titre du JCPOA. Mais il n'y a rien à dramatiser. Le programme nucléaire reste totalement transparent et vérifiable. Nous devrions nous concentrer sur les moyens de rétablir une mise en œuvre complète de l'accord nucléaire », a souligné Mikhail Ulyanov sur Twitter.
L’AIEA a confirmé que l’Iran avait commencé, le 4 janvier, « à alimenter en uranium déjà enrichi à 4,1% six cascades de centrifugeuses à Fordow, dans le but de monter à 20% ». (Camille-Cerise Gessant)