Diminuer d’un tiers l’exploitation des forêts de l’Union européenne pourrait permettre de doubler leur potentiel d’absorption du carbone sur une année, en le faisant passer de 245,4 millions de tonnes de CO2 par an à 487,8 millions de tonnes, soit plus que la totalité des émissions nationales annuelles de la France, estime un rapport publié jeudi 3 décembre par Greenpeace.
Réalisé par Naturwald Akademie à la demande de l’ONG, le rapport indique que les forêts de l’UE sont exploitées de manière très intensive, 77% de leur croissance annuelle servant à la récolte du bois.
Réduire ce taux à 50% pourrait conduire à multiplier par deux le potentiel d’absorption du carbone de ces forêts, souligne ensuite le document.
Néanmoins, la tendance actuelle est tout autre. Selon l’ONG, le taux d’exploitation des forêts de l’UE a ainsi augmenté d’environ 20% entre 2000 et 2018, sous l’impulsion en particulier de la forte hausse (+47%) de la récolte du bois à des fins énergétiques.
Soulignant que la fin de l’exploitation forestière à des fins énergétiques conduirait à elle seule à une absorption annuelle de 210,5 millions de tonnes de CO2 supplémentaires par les forêts de l’UE, Greenpeace appelle la Commission européenne à exclure l’énergie générée par la combustion du bois des forêts, autre que les déchets de bois, de ses objectifs en matière d’énergies renouvelables.
Pour lire le rapport : https://bit.ly/3ojS0JR (Damien Genicot)