À l'occasion de la 6e « Journée européenne pour la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels », le Conseil de l'Europe (COE) a publié une Déclaration commune signée par Marija Pejčinović Burić, Secrétaire générale, Rik Daems, président de l'Assemblée parlementaire (APCE) et les représentants des présidences grecque et allemande qui se succèdent aujourd'hui à la tête du Comité des ministres. Promue par l'APCE et inaugurée sous présidence grecque, cette formule de « trilogue » traduit une volonté de synergie institutionnelle sur les thématiques que l'organisation strasbourgeoise juge essentielles.
« La pandémie et les périodes de confinement ont augmenté les risques que les enfants soient victimes d'abus sexuels », souligne la Déclaration commune qui, pour y faire face, préconise la « stratégie à long terme et multipartite » promue par la 'Convention sur la protection des enfants' du Conseil de l'Europe (Convention de Lanzarote). Appel est fait à sa ratification par tous les États membres du COE (à ce jour, seule l'Irlande manque à l'appel, mais le Comité de Lanzarote indique que cette dernière ratification devrait intervenir dans les prochains mois) ainsi que par les États observateurs et non membres. Parmi ceux-ci, seule la Tunisie l'a fait en 2019.
Outre sa participation à la Déclaration commune, l'APCE insiste sur un phénomène spécifique : l'afflux d'images à caractère sexuel produites par les enfants eux-mêmes. Plus d'un tiers des contenus en ligne « autoproduits » à usage privé sont ensuite utilisés à des fins de cyberharcèlement, de sextorsion et de vengeance pornographique avant de finir sur des sites Internet comme Pornhub, alerte une Déclaration publiée par deux rapporteurs de l'Assemblée. Un phénomène accentué par les confinements qui augmentent le temps passé en ligne par les enfants, analyse un rapport d'Europol auquel le texte fait référence.
« Le Comité de Lanzarote travaille actuellement à l'élaboration de recommandations visant à traiter les difficultés complexes que posent ces images et/ou vidéos en se fondant sur un suivi à l'échelle européenne et sur la contribution d'ONG et des enfants eux-mêmes », a annoncé la Secrétaire générale du Conseil de l'Europe alors que, dans sa Déclaration, l'APCE liste les outils d'ores et déjà disponibles pour faire face à l'explosion de ce phénomène d'autant plus inquiétant que l'âge moyen de la première exposition à la pornographie est passé à 9-11 ans durant les dernières décennies.
Parmi ces outils figure une liste des lignes d'assistance dans tous les États membres (https://bit.ly/2KlEGG7 ). (Véronique Leblanc)