La Commission européenne a présenté, mercredi 18 novembre, en même temps que le 'paquet d’automne' (voir autre nouvelle), dans le cadre du processus budgétaire du 'Semestre européen', son rapport commun sur l’emploi (Joint Employment Report).
« La pandémie a rompu une tendance positive de 6 ans en matière d’emploi », a déclaré en salle de presse le commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, qui explique que la situation actuelle a pour conséquence de provoquer le découragement : les chômeurs « ne sortent plus pour chercher un emploi » en attendant des jours meilleurs, a-t-il expliqué. Cette tendance, ce cercle vicieux a pour conséquence de réduire les revenus et d’augmenter la pauvreté, a-t-il ajouté.
Que disent les chiffres ? Il y a un an, 209,3 millions de personnes avaient un emploi dans l’UE, c’était alors le niveau le plus élevé jamais atteint. Cet automne, la pandémie a détruit 3% d'emplois, touchant 6,1 millions de personnes. Malgré les mesures de chômage partiel au niveau national, soutenues par l’instrument européen SURE, le taux d’emploi reflue sur la tranche d’âge des 20-64 ans, même si le commissaire a expliqué que ce reflux restait « modéré ». Le nombre d’heures travaillées, en revanche, a chuté drastiquement de plus de 10%, a-t-il précisé.
Les secteurs les plus touchés sont : le commerce de gros et de détail, l’hébergement et les transports avec 2,8 millions de travailleurs en moins, soit une réduction de 5,5% de la main-d'œuvre. En termes relatifs, ce sont le secteur culturel et des arts et le secteur de l’agriculture et de la foresterie qui ont connu la plus forte destruction d’emplois (5% et 4,3% respectivement).
D’une manière générale, ce sont les jeunes (15-24 ans) qui ont été les plus touchés par la destruction d’emplois liée à la pandémie. Ils seraient 5,4 millions, en comprenant les jeunes NEET (sans emploi, sans formation). Les jeunes sont la catégorie qui compte le plus de contrats temporaires et précaires, a ajouté le commissaire Schmit.
Interrogé par EUROPE sur la nécessité d’étendre l’instrument SURE pour faire face à la pandémie, le commissaire Schmit et le commissaire à l’Économie, Paolo Gentiloni, se sont gardés de faire des pronostics, se bornant à souligner la réussite de l’instrument. M. Gentiloni a toutefois souligné la forte appétence des États membres pour cet instrument et le système de prêts.
Pour consulter le rapport : https://bit.ly/3lI8ASR (Pascal Hansens)