Les députés de la commission de l’emploi et des affaires sociales (EMPL) du Parlement européen ont adopté par procédure écrite, lundi 16 novembre, à une solide majorité (38 voix pour, 13 contre, 4 abstentions), le rapport d'initiative porté par Dennis Radtke (PPE, allemand) et Agnes Jongerius (S&D, néerlandaise) dans lequel ils réclament des objectifs contraignants dans le domaine social.
« Nous avons tiré les leçons de l’agenda de Lisbonne, qui contenait de nombreux objectifs, mais aucun d’entre eux n’avait un caractère contraignant », a confié à EUROPE l’eurodéputée Jongerius, qui veut un nombre plus réduit d’objectifs, mais qui soient contraignants. « C’est trop facile d’ignorer des recommandations », a-t-elle ajouté, citant le cas de son pays d’origine, qui se voit depuis de nombreuses années reprocher la trop grande flexibilité de son marché du travail.
Ainsi, dans leur rapport, qui est adopté en vue du Plan d’action sur le socle européen des droits sociaux, début 2021, et le sommet social de Porto, prévu en mai 2021, les eurodéputés demandent une réduction de moitié du chômage des jeunes – et réclament, dans ce cadre, une garantie contraignante pour la jeunesse (EUROPE 12593/6).
Ils réclament par ailleurs que 30% des nouveaux logements construits soient des logements abordables (autrement dit sociaux), mais aussi la fin, d’ici 2030, de l’écart des rémunérations entre les hommes et les femmes ainsi qu'en matière de retraites. Ils attendent, pour ce faire, un cadre juridique transparent.
Ils demandent par ailleurs la fin de la pratique des contrats « zéro heure », un ratio d’au moins un inspecteur du travail pour 10 000 salariés ou encore la fin des décès liés au travail d’ici 2030. Ils invitent la Commission à introduire une nouvelle directive-cadre sur l’information et la consultation des travailleurs, y compris pour les chaînes de sous-traitance et les franchisés.
Ils invitent en outre la Commission à créer un instrument permanent inspiré de l’instrument SURE, qui soutient les systèmes nationaux de chômage partiel. (Pascal Hansens)