Les ministres européens de la Pêche sont parvenus, aux petites heures de mardi 20 octobre à Luxembourg, à un accord politique sur les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas pour 2021 dans les eaux de la mer Baltique.
Les ministres sont convenus de continuer à réduire les possibilités de pêche pour plusieurs stocks de poissons capturés en Baltique (cabillaud, hareng) afin d’assurer leur reconstitution. Ils ont décidé de maintenir la fermeture de la pêche au cabillaud en Baltique orientale et de ne prévoir qu'un quota de prises accessoires pour ce stock, considérablement réduit par rapport à l'année dernière.
Julia Klöckner, ministre fédérale allemande de l'Alimentation et de l'Agriculture, a estimé que cet accord « renforce nos efforts pour aider les stocks à se reconstituer tout en garantissant des activités aux pêcheurs ».
« Je tiens à souligner que l'accord d'aujourd'hui est le seul moyen de renverser la situation et d'aider les communautés de pêcheurs à construire un avenir prospère », a déclaré le commissaire à la Pêche, Virginijus Sinkevičius. Il a rappelé que la mer Baltique « n'est pas en bon état. Les causes vont bien au-delà de la pêche et nous devons nous attaquer à tous les facteurs qui affectent l'écosystème ».
Cabillaud. Le Conseil a décidé de réduire de 70%, à 595 tonnes seulement en 2021, les prises dites accessoires (captures accidentelles) de cabillaud en Baltique orientale.
La fermeture pendant quatre mois de la pêche au cabillaud dans la partie est de la Baltique a été maintenue (avec une exception pour les pêches purement scientifiques et la petite pêche côtière utilisant des engins spécifiques).
« Ce stock de poisson se situe depuis plusieurs années en dessous des limites biologiques de sécurité et devrait rester à des niveaux aussi bas à moyen terme, même sans pêche », a commenté Virginijus Sinkevičius.
En outre, l'interdiction de la pêche récréative du cabillaud de la Baltique orientale est maintenue. Enfin, les États membres concernés s’engagent à ne pas faire usage de la flexibilité d'année en année pour le TAC de cabillaud de la Baltique orientale.
S’agissant du stock de cabillaud en Baltique occidentale, les ministres concernés ont négocié pour obtenir une légère hausse du TAC (+5%), à 4 000 tonnes au total (la Commission proposait une baisse de 11%). La pêche récréative du cabillaud de la Baltique occidentale est fortement limitée et il y a une période de fermeture de la pêche.
Hareng. Pour ce qui est du hareng capturé en Baltique centrale, la Commission avait proposé une réduction du TAC de 36% par rapport à 2020, à 95 551 tonnes au total, une baisse qui a été finalement retenue par les ministres. Le TAC de hareng occidental a été réduit de 50%, à 1 575 tonnes.
Par ailleurs, les ministres sont convenus d'une augmentation modérée des TAC pour le hareng dans le golfe de Riga (+15% à 39 446 tonnes), le sprat (+6% à 222 958 tonnes) et le saumon dans la zone du bassin principal de la mer Baltique (+9%). Les prises de saumon dans le golfe de Finlande subiront une baisse modérée (-8%).
30 000 t pour le tacaud norvégien. Traditionnellement, les ministres doivent mettre à jour les possibilités de pêche du tacaud norvégien pour tenir compte des avis scientifiques. Le Conseil a fixé ce TAC à 30 000 tonnes pour cette espèce dont la saison commence au début du mois de novembre. Étant donné que ce stock est partiellement présent dans les eaux britanniques, le TAC n'est actuellement fixé que jusqu'à la fin de l'année et devra être révisé à ce moment-là.
Pour assurer l'entrée en vigueur de ce règlement avant le 1er novembre afin d’assurer la poursuite des activités de pêche au tacaud norvégien, ce texte sera adopté rapidement par procédure écrite.
Les ONG plutôt rassurées. Plusieurs ONG environnementales ont salué dans l'ensemble les décisions des ministres, tout en regrettant que la proposition sur le cabillaud occidental n’ait pas été suivie. « Ce sera insuffisant pour sauver le hareng, le cabillaud ou l'écosystème de la mer Baltique dont dépendent les communautés (de pêcheurs) », avertissent cependant les organisations Our Fish, WWF ou encore Oceana dans un communiqué commun.
Lien vers le tableau sur les TAC en Baltique : https://bit.ly/2FJfPtQ (Lionel Changeur)