Le Conseil 'Environnement' de vendredi 23 octobre devrait adopter des conclusions ambitieuses sur la biodiversité à l'horizon 2030 et la nécessité d'une action urgente pour stopper son déclin et la restaurer d'ici 2030, dans l'UE et au niveau mondial.
Toutefois, selon la dernière mouture du texte, approuvée par les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE le 14 octobre, la Présidence allemande a fait œuvre de compromis pour accommoder les pays les plus inquiets à l'égard du coût et de la portée des futures mesures.
Alarmé par le déclin de la biodiversité et la dégradation des écosystèmes, le Conseil devrait saluer la stratégie pour la biodiversité d'ici 2030 proposée par la Commission et qui devrait être un élément central du Plan de relance de l'UE (EUROPE 12573/10).
Le texte insiste sur la valeur du capital naturel et des services écosystémiques, reconnaissant que la conservation, la restauration et l'utilisation durable de la biodiversité et des écosystèmes présentent des avantages économiques potentiels directs et indirects pour de nombreux secteurs de l'économie. La nécessité de mobiliser des investissements dans la nature est mise en exergue.
Mais le texte, daté du 16 octobre et vu par EUROPE, demande à la Commission de fournir une analyse d'impact approfondie pour toute proposition législative qu'elle pourrait présenter. Cette étude d'impact devra notamment évaluer la subsidiarité et la proportionnalité des mesures et, le cas échéant, la capacité de financement d'une éventuelle compensation.
La Commission est aussi invitée à approfondir la question de la capacité de financement des éléments de la stratégie.
Le Conseil devrait saluer l'objectif de créer un réseau cohérent de zones protégées bien gérées et de protéger au moins 30% de la superficie terrestre et 30% de la superficie maritime de l'UE, dont un tiers serait strictement protégé, soit 10% de la superficie terrestre et 10% de la superficie maritime de l'UE.
Le texte souligne que cet objectif doit être atteint par les États membres collectivement, avec la participation de tous, en tenant compte des conditions nationales. Ce réseau devrait être fondé sur le réseau Natura 2000, qui serait à compléter par les États membres.
Le texte souligne l'importance d'écosystèmes forestiers sains et résilients, qui remplissent de multiples fonctions, et de la protection des forêts primaires restantes.
Compte tenu du rôle vital des pollinisateurs pour la santé des écosystèmes et la sécurité alimentaire, le Conseil devrait demander des objectifs et des indicateurs détaillés concernant l'engagement clé d'inverser le déclin des pollinisateurs, contenu dans la stratégie.
Le compromis précise que, dans tous ses travaux, y compris au niveau mondial, l'UE devrait renforcer les liens entre la protection de la biodiversité et les droits de l'homme, la démocratie, l'égalité entre les sexes, la santé, l'éducation, la sensibilité aux conflits, l'approche fondée sur les droits, le régime foncier et le rôle des populations autochtones et des communautés locales. (Aminata Niang)