Eurodéputés, représentants des institutions européennes et de la société civile ont planché, lundi 12 octobre, sur la réforme de la politique commerciale européenne, qui fait l'objet d'une consultation publique jusqu'à la mi-novembre.
Fraîchement nommé, le commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis, a réitéré le concept combinant autonomie stratégique et ouverture ('open strategic autonomy') de l'Union européenne (EUROPE 12571/21). Il a décliné quatre priorités : - défendre un ordre de commerce multilatéral basé sur des règles ; - obtenir des résultats en matière de développement durable ; - promouvoir un commerce ouvert et juste ; - stimuler les négociations commerciales avec d'autres régions du monde.
Sur le lien entre commerce et protection de l'environnement, la directrice générale de la Commission, Sabine Weyand, a souhaité que le débat en cours évite d'apporter « des réponses simplistes à des questions complexes ». Selon elle, le commerce conduit à la fois à une spécialisation, qui favorise elle-même une meilleure allocation des ressources, ainsi qu'à une augmentation des émissions de carbone liée à l'accroissement des transports. Mme Weyand a notamment fait valoir que le commerce pouvait aussi favoriser l'utilisation de produits 'propres', la Commission préparant une initiative dans ce domaine.
Professeur à l'Université de Berkeley, Joseph S. Shapiro a décrit le fonctionnement d'un potentiel mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE, tout en faisant remarquer qu'à l'heure actuelle, seulement 20% des émissions de carbone font l'objet d'un prix de marché.
Parmi les risques inhérents à l'élaboration par l'UE d'un tel mécanisme, il a cité des mesures réciproques potentielles de la part des États-Unis et de la Chine ainsi que la difficulté de mesurer les émissions de carbone selon les types de produits et de fabrication. Selon M. Shapiro, les pays de l'UE subventionnent le changement climatique en imposant des tarifs douaniers bien plus élevés sur des produits propres que sur des produits 'sales' ou à forte intensité énergétique, comme le ciment ou l'acier. Agir dans ce domaine pourrait avoir autant d'effets que le système ETS actuel d'échange de quotas d'émission de CO2. (Mathieu Bion)