Les parlementaires de tout bord politique, principalement issus du sud et de l’est de l’Europe, ont insisté une nouvelle fois, lors d’un débat en session plénière du Parlement européen, vendredi 10 juillet, devant la commissaire à la Cohésion et à la Réforme, Elisa Ferreira, sur l’importance de doter convenablement la politique de cohésion dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027.
C’est le président de la commission du développement régional (REGI), le Français Younous Omarjee (GUE/NGL), qui a sonné la charge contre les coupes budgétaires proposées par la Commission (-12% par rapport au CFP 2014-2020) alors que ce fut la seule politique européenne à répondre rapidement et massivement à la crise sanitaire, selon lui.
Même son de cloche de la part de Mircea-Gheorghe Hava (PPE, roumain), qui a réclamé, au nom de son groupe, du concret et non des « promesses » et « des bouts de papier » et qui veut des mesures de transition au plus vite pour enjamber le « trou » entre les deux cycles budgétaires européens.
De même, Mónica Silvana González (S&D, espagnole) et Susana Solís Pérez (Renew Europe, espagnole), tout comme Niklas Nienass (Verts/ALE, allemand), tous prenant la parole au nom de leur groupe respectif, ont insisté sur la nécessité d’aller vite et fort. Alessandra Basso (ID, italienne) a dit à la Commission qu’il valait mieux honorer des promesses aux ambitions limitées que de n’honorer aucune promesse.
De son côté, João Ferreira (GUE/NGL, portugais), regrettant, tout comme ses collègues, la baisse du budget prévu dans le prochain CFP, a pointé du doigt les risques d’une trop grande flexibilité et de transferts qui, en fin de compte, pourraient « aggraver » la situation des disparités régionales. Il a par ailleurs mis en garde contre une forte centralisation des instruments européens et a réclamé, au contraire, une diffusion du principe de la gestion partagée.
M. Nienass s’est interrogé quant à l’efficacité des mesures prises par la Commission durant la crise, à savoir si c’était bien les régions les plus affectées par la pandémie qui avaient pu bénéficier des flexibilités introduites par la Commission européenne (EUROPE 12460/3).
Seule dissonance dans ce vaste consensus favorable à la politique de cohésion, le Néerlandais Robert Roos (CRE) a dénoncé l’usage fait par les pays bénéficiaires des fonds de cohésion pour concurrencer l’économie néerlandaise. Partant, s’est-il demandé, pourquoi les Pays-Bas devraient-ils financer une politique qui détruit son économie ?
La commissaire s’est une nouvelle fois inscrite en faux face aux allégations de réduction budgétaire des eurodéputés et a rappelé que la Commission européenne avait mis en tout 100 milliards d’euros d’argent frais pour la politique de cohésion. Elle a par ailleurs indiqué que tous les États membres, à l’exception de l’Autriche et du Danemark, avaient tiré profit des flexibilités introduites par CRII et CRII+. À l’instar des eurodéputés, elle a conclu son intervention en enjoignant aux États membres d'aller vite sur les négociations budgétaires. (Pascal Hansens)