L’échange de vues à huis clos prévu entre les ministres européens des Finances sur l’Union des marchés de capitaux (UMC), vendredi 10 juillet, s’est finalement transformé en une simple présentation des recommandations finales du Forum de haut niveau sur l’UMC.
Après la présentation par Thomas Wieser des travaux finaux du Forum qu'il a présidé (EUROPE 12503/13), aucun ministre n'a pris la parole, nous a indiqué une source européenne.
Seul le vice-président exécutif de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, est intervenu pour détailler les ambitions de la Commission en vue du plan d’action qu’elle prévoit de publier en septembre (EUROPE 12514/2).
Pourtant, un créneau d’une heure et demie avait été réservé pour la discussion, selon cette même source.
La Présidence allemande du Conseil de l'UE avait même posé plusieurs questions aux ministres dans une note structurant le débat (EUROPE 12523/18). Elle les interrogeait particulièrement sur la façon de s’attaquer aux arrangements entre les établissements financiers et les prestataires de services de paiement ainsi que sur l’amélioration de la surveillance dans certains domaines comme l’information financière.
L'UMC sera l'une des grandes priorités de la Présidence allemande, notamment en vue de surmonter les conséquences économiques de la crise de la Covid-19, avait assuré le matin même le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, à ses homologues, lors de la présentation des priorités de la Présidence allemande, évoquant l'élaboration de conclusions du Conseil de l'UE à ce sujet.
Scandale ‘Wirecard’
Interrogé en conférence de presse sur le scandale comptable qui touche le fournisseur de services de paiement allemand Wirecard, Olaf Scholz a reconnu qu’il fallait faire toute la lumière sur cette affaire.
« Je pense qu’il y a peut-être des compétences supplémentaires qu’il faut donner aux autorités européennes. Il faut voir quelle sera l’évolution législative au niveau européen pour assurer la bonne surveillance, non seulement des opérateurs économiques traditionnels, mais aussi des nouveaux opérateurs qui, bien souvent, échappent au radar des autorités de surveillance », a-t-il estimé.
De son côté, la Commission a rappelé qu’elle avait demandé à l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) d'effectuer une enquête préliminaire sur l'adéquation de la surveillance du gendarme financier allemand, la BaFin, dans le cadre de cette affaire (EUROPE 12515/13).
« Nous continuerons à suivre cette affaire de près », a assuré Valdis Dombrovskis. (Marion Fontana)