Alors que les États membres ont finalisé, mardi 30 juin, une première liste commune de 15 pays tiers (EUROPE 12517/8) dont les ressortissants peuvent revenir dans l’UE depuis ce 1er juillet (sous réserve de réciprocité pour la Chine), certains États membres ont déjà annoncé que leur propre liste pourrait être réduite.
La recommandation commune encadrant la liste le leur permet : cette liste reste en effet indicative et constitue seulement le maximum de pays tiers que les États membres peuvent à présent reprendre sur leur propre liste nationale.
Plusieurs pays membres se sont par ailleurs abstenus lors du vote sur cette recommandation et cette liste, à l’image de la Pologne ou encore de l’Autriche, signalant qu’ils ne se rouvriraient peut-être pas à autant de pays.
Plusieurs pays membres - comme la République tchèque, mais aussi l’Allemagne - ont en tout cas déjà indiqué de leur côté qu’ils comptaient établir une liste plus limitée de pays tiers. Prague a ainsi fait savoir que la réciprocité justifiait encore à ce stade la fermeture du pays à l’Algérie, la Géorgie, le Maroc, le Rwanda, la Tunisie et l’Uruguay, selon Euractiv.
L’Allemagne a une liste de 11 pays seulement, a rapporté Der Spiegel le 1er juillet : Australie, Géorgie, Canada, Monténégro, Nouvelle-Zélande, Thaïlande, Tunisie et Uruguay. Et l’Allemagne ne se rouvrira au Japon, à la Corée du Sud et à la Chine que si ces pays laissent en échange revenir les touristes allemands.
La Belgique pourrait aussi établir une liste limitée de pays tiers.
La recommandation adoptée par les États membres n’est pas contraignante, mais les États membres se sont engagés à bien se coordonner et à ne pas ajouter d’autres pays tiers non repris sur cette liste.
La recommandation stipule aussi que la circulation au sein de l'espace Schengen doit se faire sans restrictions, ce qui signifie sans contrôles aux frontières intérieures. Dans cette perspective, un touriste marocain arrivé dans un pays de l’UE - la France, par exemple - aurait logiquement le droit de prolonger son séjour en Allemagne, même si Berlin n’a pas repris le Maroc sur sa liste.
La Turquie est déçue
Parmi les réactions internationales, le 1er juillet, la Turquie a fait connaître sa déception de ne pas figurer sur cette liste et a demandé à l'UE de corriger « l’erreur » de l'en exclure.
« L'absence de la Turquie sur la liste est décevante », a déclaré le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, dans un communiqué cité par l’AFP. « Nous espérons que cette erreur sera corrigée le plus rapidement possible », a-t-il déclaré, ajoutant que la décision aurait dû être prise sur la base de « critères objectifs ».
La liste européenne, qui repose sur un critère sanitaire et ne reprend que les pays dans la même ou dans une meilleure situation épidémiologique que celle des États membres, doit être revue toutes les deux semaines. (Solenn Paulic)