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Bulletin Quotidien Europe N° 12518
SOCIAL - ÉDUCATION / Social

La Commission européenne présente ses recommandations pour garantir un « pont vers l’emploi » pour les jeunes

La Commission européenne a présenté ses nouvelles recommandations sur la 'Garantie jeunesse', mercredi 1er juillet, dans lesquelles elle étend le dispositif aux jeunes de moins de 30 ans et veut mieux cibler les jeunes NEET - les jeunes ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ni de formation.

Se fondant sur sept années d’expérience, la Commission européenne veut dépoussiérer la 'Garantie pour la jeunesse', ce dispositif mis en place en 2013 dans le sillon de la crise économique afin que chaque jeune âgé de moins de 25 ans se voie proposer un emploi, une formation, un apprentissage ou un stage dans les quatre mois qui suivent la perte d’un emploi ou la sortie d’un cycle d'enseignement (EUROPE 10829/18).

Les recommandations de la Commission, intitulées 'Un pont vers l’emploi pour la prochaine génération', restent inchangées par rapport à une version provisoire obtenue par EUROPE (EUROPE 12517/6) : la Garantie est élargie jusqu’aux 29 ans et est plus inclusive, en mettant l’accent sur les jeunes ayant un handicap, les jeunes en zones rurales, les minorités (notamment les Roms) et les jeunes femmes. La Commission affine sa vision des jeunes NEET, entre ceux dont la condition est temporaire, qui disposent souvent d’une formation ou d’une expérience professionnelle, et ceux dont la condition se prolonge à plus long terme et qui sont beaucoup plus vulnérables.

L’institution veut par ailleurs mieux cibler les compétences à acquérir en mettant l'accent sur celles liées à la numérisation de l’économie - 90% des emplois actuels nécessitent des compétences numériques, rappelle l’institution – et à la transition verte.

Elle suggère d'encourager « l’employabilité à court terme » avec le chômage partiel, des subventions salariales ciblées ou encore la promotion du travail indépendant, mais veut aussi renforcer les apprentissages, notamment en période de récession économique. Enfin, pour les jeunes NEET, l’institution estime qu’il faut encourager les jeunes à achever leur cursus scolaire et de formation par le biais de formes éducatives « moins formelles et plus flexibles ».

À ce titre, l’institution veut améliorer la qualité des offres en les soumettant aux exigences du socle européen des droits sociaux, notamment, pour assurer, entre autres choses, l'accès à la protection sociale, à une durée raisonnable des périodes d'essai, à un contrat écrit clair, notamment pour les périodes de travail et de repos.

Enfin, la Commission veut améliorer le suivi des jeunes, en particulier après l'obtention d'une offre, et affiner les données collectées. Pour ce faire, elle décrit une action de la garantie en quatre temps : - l'élaboration d'une cartographie précise de la situation des jeunes NEET afin de prévenir l’inactivité et le chômage ; - la sensibilisation des intéressés, en illustrant auprès de ces groupes fragilisés les aides disponibles ; - une phase préparatoire individualisée ; - une offre d’emploi, un apprentissage ou une formation continue.

À présent, il incombe au Conseil d’adopter les recommandations en statuant à l’unanimité (article 292 du TFUE). La première réunion de travail au Conseil sur le sujet est prévue le 10 juillet, en préparation du travail qui devrait se poursuivre en septembre. Le Parlement européen n’aura qu’un rôle consultatif.

Enthousiasme modéré

La Confédération européenne des syndicats (CES) a salué les recommandations, notamment l’accent mis sur la qualité des offres, rappelant toutefois que « les jeunes veulent un emploi – pas un pont vers un emploi ». Les syndicats insistent notamment sur la responsabilité des entreprises pour former leurs travailleurs.

Du côté du PE, le groupe du S&D a souligné l'importance d’avoir des critères « contraignants » pour garantir la qualité des emplois et des formations, sur la base d’accords écrits, y compris pour la protection sociale et le salaire minimum vital, l'orientation professionnelle, l'orientation et la formation continue. Pour les sociaux-démocrates, la pandémie ne doit pas justifier la quantité au détriment de la qualité.

Surtout, ils s’interrogent sur l’origine des fonds pour financer ce dispositif, étant donné que la Commission européenne a réduit les propositions budgétaires pour le Fonds social européen + dans ses récentes propositions pour la relance de l'économie. (Pascal Hansens)

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