Chypre n’a toujours pas l’intention de mettre un terme à son très critiqué programme de citoyenneté par investissement (EUROPE 12157/38), malgré de nouvelles pressions de la part de la Commission européenne.
La Commission a envoyé, le 1er avril, une nouvelle série de lettres à Chypre, mais aussi à Malte et à la Bulgarie au sujet de leurs programmes de citoyenneté et de résidence par investissement, a confirmé Christian Wigand, un porte-parole de l'institution, mardi 21 avril.
Les programmes de ces trois pays, souvent appelés 'golden visas', sont depuis longtemps dans le viseur de la Commission. Elle leur reproche d’être accordés à des ressortissants étrangers sans contrôle ni transparence et de permettre ainsi à certains investisseurs mal intentionnés de blanchir de l’argent dans l’UE (EUROPE 12178/2).
Un fonctionnaire chypriote a confirmé à EUROPE la réception de cette lettre destinée au ministre de l’Intérieur, Nicos Nouris, à laquelle ce dernier a déjà répondu. « Actuellement, il n'est pas prévu de suspendre ce programme, qui, comme nous l'avons déjà expliqué, fonctionne dans un cadre très strict », a-t-il déclaré.
Chypre a renforcé ses vérifications et ses contrôles en mai 2019. En février, Nicos Nouris a présenté ces nouvelles mesures au commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, et a déjà répondu à « toutes les questions qui ont été soulevées », a-t-il expliqué.
S’agissant d'une communication entre la Commission et les États membres, le porte-parole de la Commission a refusé de détailler le contenu de ces lettres et de confirmer qu'elles demandent effectivement la suppression progressive de ces programmes. (Marion Fontana)