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Bulletin Quotidien Europe N° 12471
RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / Climat

Frans Timmermans tente de rassurer le Parlement sur le maintien des ambitions climatiques de la Commission

Le vice-président exécutif de la Commission européenne chargé du Green Deal, Frans Timmermans, a tenté de rassurer les membres de la commission de l’environnement (ENVI) du Parlement européen, mardi 21 avril, concernant la volonté de l’institution de faire du Green Deal un élément central de la relance socioéconomique, une fois l’urgence sanitaire du Covid-19 passée.

« À la Commission européenne, nous croyons fermement qu’une reprise verte est possible », a-t-il ainsi assuré aux eurodéputés, à l’occasion de sa première apparition (virtuelle) devant la commission ENVI depuis le début de la crise du coronavirus, mais également depuis la présentation de la ‘loi climat’ le 4 mars dernier (EUROPE 12439/2). Et d’ajouter : « Nous devons nous assurer que les investissements que nous faisons nous font entrer dans la nouvelle économie […], une économie durable basée sur le Green Deal ».

À ses yeux, il est primordial que chacun comprenne que le Green Deal n’est pas « un projet de luxe dont nous devrions nous passer en temps de crise », mais, au contraire, un projet dont nous avons aujourd’hui absolument besoin.

Des députés pas totalement rassurés. Si cet engagement en faveur d’une relance verte a été salué par les eurodéputés, à l’exception des membres du groupe ID, certains ont néanmoins pointé certaines contradictions de la Commission.

Les Français Pascal Canfin (Renew Europe) et Yannick Jadot (Verts/ALE) ont ainsi souligné le fait que, dans une interview donnée hier (lundi) au journal néerlandais NRC, la commissaire aux Transports, Adina Vălean, avait déclaré que les potentielles futures aides d’État fournies aux compagnies aériennes ne devraient pas être assorties de conditions en matière environnementale.

En guise de réponse, M. Timmermans s’est contenté de rappeler la position de la Commission, à savoir que « les États ont la liberté d’introduire des conditions » quand il s’agit d’aides d’État.

À l’instar de Jytte Guteland (S&D, suédoise), certains parlementaires ont en outre interrogé le vice-président sur les reports qui pourraient avoir lieu en termes de calendrier institutionnel, en particulier en ce qui concerne la présentation de la stratégie 'de la ferme à la table' (Farm to Fork Strategy) et de la stratégie sur la biodiversité (EU Biodiversity Strategy for 2030).

Alors que, selon une version provisoire du programme de travail révisé de la Commission, consultée par EUROPE (EUROPE 12467/23), ces deux stratégies seront reportées à la fin de l’année, le Néerlandais a assuré que le retard ne dépasserait pas quelques semaines par rapport à la nouvelle date officielle récemment fixée (29 avril).

De plus, concernant la 'loi climat', il a exprimé sa volonté de s’en tenir au calendrier initialement fixé (EUROPE 12464/20).

Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Interpellé par Yannick Jadot sur la nécessité d’accélérer le débat sur la mise en œuvre d’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières afin de protéger le Green Deal des menaces extérieures, M. Timmermans a répondu qu’un tel mécanisme ne sera nécessaire que si les pays tiers refusent d’aller dans le sens de la relance verte. Selon lui, la priorité réside d’abord dans le fait de « convaincre nos partenaires internationaux d’aller dans la même direction », à travers des efforts de diplomatie climatique. 

Enfin, abordant la question de la relance socioéconomique dans son ensemble, le vice-président s’est dit confiant que les États membres finiront par jouer la carte de la solidarité, en prenant conscience que c’est dans leur intérêt à tous de ne laisser échouer personne. (Damien Genicot)

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