L'Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé, lundi 6 avril, la mise en place d'un nouveau mécanisme destiné à accélérer la détection d'une pénurie de médicaments. Ce mécanisme, baptisé i-SPOC, prévoit la désignation par les entreprises pharmaceutiques d'un point de contact qui faciliterait les interactions avec l'EMA.
Celui-ci serait plus particulièrement chargé d'alerter le groupe de pilotage exécutif de l'UE sur les pénuries de médicaments causées par des événements majeurs (EU Executive Steering Group on Shortages of Medicines Caused by Major Events) mis en place à la mi-mars pour faire face à la pandémie de Covid-19.
Le 2 avril, l'eurodéputé François-Xavier Bellamy (PPE, français) faisait état auprès de la Commission européenne d'une augmentation de 2 000% des prix de certains médicaments (EUROPE 12460/17). Dans son communiqué de presse, l'EMA indique avoir été alerté par certains États membres de pénuries présentes ou à venir de médicaments utilisés dans les unités de soins intensifs, tels que certains anesthésiques, antibiotiques et relaxants musculaires ainsi que de médicaments utilisés hors indication pour le Covid-19. « Le nombre de pénuries de médicaments a augmenté au cours des dernières années et le problème est aggravé dans le cadre de cette pandémie », reconnaît l'EMA.
Dans son communiqué, l'agence européenne indique envisager des mesures d'atténuation, telles que des actions réglementaires pour soutenir des capacités de production accrue (comme une accélération de nouvelles lignes ou de nouveaux sites de production). Elle souligne aussi que le groupe de pilotage exécutif de l'UE examine les domaines dans lesquels les normes réglementaires pourraient être appliquées « avec une plus grande flexibilité » pendant la pandémie, et ce, en vue de garantir l'approvisionnement en médicaments essentiels. (Sophie Petitjean)