Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a reconnu, lundi 6 avril, que la pandémie de coronavirus avait un impact sur certaines missions militaires de l’UE dans le monde.
L’UE a actuellement 6 missions militaires : Althea en Bosnie-Herzégovine, EU NAVFOR Atalanta au large des côtes somaliennes, EUTM Mali, EUTM Somalie et EUTM RCA, et la toute nouvelle EU NAVFOR Med Irini, en Méditerranée.
« Nous faisons en sorte que nos missions et opérations maintiennent une présence sur place et continuent de conduire leurs activités autant que cela est possible pour éviter un impact sécuritaire négatif », a expliqué M. Borrell à l’issue d’une réunion des ministres européens de la Défense par visioconférence, lors de laquelle ceux-ci ont discuté de la situation des missions militaires.
Cependant, « la considération première est la santé et la sécurité du personnel », a-t-il précisé, ajoutant que des mesures avaient été rapidement mises en place pour protéger ce personnel et que l’UE suivait les décisions prises par les autorités nationales. Selon M. Borrell, les membres des missions sont sous surveillance quotidienne et des installations de quarantaine ont été mises en place en cas de besoin.
Le nombre de membres du personnel pourrait également être réduit dans certaines missions, a-t-il annoncé, promettant également qu'il allait travailler « de manière coordonnée » avec les États membres « pour éviter toute décision unilatérale d’États membres engagés dans la participation à ces missions et opérations ».
Au-delà du personnel, la pandémie a un impact sur les activités des missions : les activités, réunions et visites non essentielles sont limitées et les activités en dehors des camps ont été annulées là où elles ne sont pas fondamentales pour le développement de la mission, a précisé le Haut Représentant.
Et si, selon lui, les missions Althea et Atalanta fonctionnent à 100 % de leur capacité, ce n’est pas le cas des autres. Ainsi, dans les missions en Afrique, le nombre de formations avait été réduit, aussi en raison des limitations mises en place par les pays hôtes. Mais d’autres activités, notamment de conseil, y compris sur la réaction face à la crise, sont maintenues autant que possible, a-t-il expliqué.
Renforcer l'échange d'informations
Par ailleurs, lors de leur réunion, les ministres de la Défense sont convenus d’explorer les façons dont l’expertise militaire pourrait être utilisée au niveau de l’UE pour soutenir l’échange d’informations et le partage de bonnes pratiques entre les États membres. « Pour cela, nous pourrions créer un groupe de travail au sein du SEAE dirigé par le personnel militaire », a proposé M. Borrell. Il a précisé que cela se ferait dans le plein respect des compétences et en coordination avec l’OTAN, ajoutant qu’il ne fallait pas dupliquer le travail, alors que l’Alliance a, elle aussi, décidé de renforcer la coopération entre ses membres (EUROPE 12461/26).
Les ministres ont également estimé que cette crise offrait une occasion de réfléchir aux moyens d’améliorer la résilience et d’utiliser les initiatives de défense pour développer les capacités de défense nécessaires pour faire face à des situations similaires à l’avenir. (Camille-Cerise Gessant)