De l’avis de Carbon Market Watch, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, sur lequel planche la Commission européenne, n’a pas lieu d’être, puisque l’industrie lourde bénéficie déjà, depuis 2005, de quotas gratuits dans le cadre de l’ETS, lesquels ont donné lieu à des profits indus sans qu'il y ait eu preuve d'un risque avéré de fuites de carbone (délocalisations d'entreprises).
L’ONG l’a souligné, mercredi 1er avril, dans une prise de position sur l'instrument envisagé pour protéger l’industrie européenne de la concurrence déloyale de pays tiers climatiquement moins vertueux que l'UE.
« Il n'y a aucune preuve que des fuites de carbone ont eu lieu en raison de politiques climatiques telles que l’ETS et les prévisions théoriques ex ante ont révélé un risque très limité à l'avenir, qui ne se matérialisera (théoriquement) qu'à des prix du carbone très élevés. Par conséquent, l'allocation gratuite devrait être totalement supprimée. De plus, alors que le secteur de l'électricité, qui doit acheter ses quotas, s'est décarboné régulièrement année après année, les émissions industrielles stagnent depuis 2012 », précise l'ONG.
Envisagé comme une alternative aux mesures existantes dans le cadre de l'ETS, un mécanisme d'ajustement aux frontières permettrait de supprimer progressivement l'allocation gratuite - une avancée, estime Carbon Market Watch. L'ONG considère toutefois que « ni l'allocation gratuite de permis de polluer ni un tel mécanisme ne sont des outils nécessaires à l'action climatique ». (Aminata Niang)