La totalité des États membres - à la seule exception de l’Irlande - et des pays membres de l'espace Schengen de libre circulation appliquent désormais une restriction temporaire aux voyages non essentiels en direction de l’Union européenne, a annoncé Adalbert Jahnz, porte-parole de la Commission chargé des Affaires intérieures, mardi 24 mars.
Liée à une zone commune de voyage avec le Royaume-Uni qui ne souhaite pas appliquer la mesure, la République d'Irlande n'a pas pu se joindre à l'initiative.
La Commission avait proposé cette mesure le 16 mars (EUROPE 12447/6), invitant les pays concernés à se coordonner pour restreindre collectivement les arrivées non essentielles de ressortissants de pays tiers sur leurs territoires.
La majorité des États membres, mais également les pays tiers membres de l'espace Schengen, comme la Norvège ou la Suisse, avaient ensuite signalé leur volonté d’appliquer cette restriction. Le sujet avait notamment été discuté le 17 mars, lors de la téléconférence des 27 dirigeants européens (EUROPE 12448/1), mais aussi le 20 mars, lors d’une téléconférence des ministres de l’Intérieur de l’UE.
À cette occasion, l’Agence européenne de garde-côtes et garde-frontières (Frontex) avait annoncé qu'elle publierait des lignes directrices à destination des polices aux frontières pour gérer ces restrictions temporaires.
Sur le plan de la circulation intérieure au sein de l'espace Schengen, 12 pays membres, dont 10 États membres de l'UE, ont notifié des contrôles à leurs frontières, la Belgique ayant rejoint la liste au cours du week-end (EUROPE 12451A29). Ces contrôles concernent en particulier les frontières avec les Pays-Bas.
Une nouvelle téléconférence des ministres de l’Intérieur de l’UE s’est déroulée mardi après-midi. Elle avait pour but d’assurer le suivi de la situation alors que des blocages étaient observés ces derniers jours à certains points de passage aux frontières intérieures de l'espace Schengen.
Le 20 mars, les ministres de l'UE avaient fait état de certaines améliorations et d’une volonté des pays voisins de trouver des solutions pragmatiques pour fluidifier le trafic. (Solenn Paulic)