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Bulletin Quotidien Europe N° 12453
RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / Transports

Covid-19, l'industrie s'inquiète du sort réservé à ses travailleurs

Alors que, pour enrayer la pandémie de Covid-19, la Commission européenne multiplie les recommandations affectant le secteur des transports (EUROPE 12452/14, 12449/1, 12447/6), des voix s’élèvent pour dénoncer les conditions dans lesquelles nombre de travailleurs, les chauffeurs routiers principalement, sont désormais tenus d’exercer.

Dans une déclaration commune dévoilée mardi 24 mars, une coalition de 33 organisations européennes, réunies derrière le hashtag #TransportisEssential4all, a appelé l’Union européenne et les États membres à manifester « leur respect et leur soutien » à tous les travailleurs de la chaîne d'approvisionnement.

Protection de la santé et de la sécurité

Car ce sont eux qui permettent « la continuité des services de transport, la circulation des marchandises et des biens essentiels ainsi que le rapatriement des citoyens bloqués », insistent les 33 associations.

Ces dernières représentent, entre autres, les gestionnaires d'infrastructures, les travailleurs de tous les modes de transport et de la logistique, les autorités locales, les prestataires de services logistiques, les chargeurs, les utilisateurs et les fournisseurs d'équipements.

Toutes insistent sur l'importance de protéger « la santé et la sécurité » des travailleurs du secteur, « notamment par des équipements de protection individuelle, ainsi que par l'accès à des installations sanitaires propres, à de la nourriture et à des boissons ».

Les secteurs du transport et de la logistique reposent « sur une main-d'œuvre physique », soulignent-elles encore, appelant la Commission européenne et les États membres à faciliter la mobilité, y compris le rapatriement, de cette main d’œuvre.

20 pays assouplissent les règles sur les temps de conduite et de repos

Principaux concernés par les récentes mesures visant à garantir la libre circulation des marchandises : les conducteurs et chauffeurs routiers.

Dans une lettre datée du 22 mars, l’eurodéputé Ismail Ertug (S&D, allemand), membre de la commission des Transports du Parlement européen, et son collègue suédois Johan Danielsson, coordinateur du S&D au sein de cette commission, font part à la commissaire aux Transports, Adina Vălean, et aux ministres européens compétents, de leur inquiétude concernant le « démantèlement » du régime européen des temps de conduite et de repos.

La mise en place d’un « assouplissement temporaire de l'application des temps de conduite et de repos pour les conducteurs de véhicules transportant des marchandises » avait en effet été suggérée par la commissaire Vălean aux ministres le 18 mars dernier (EUROPE 12449/1). Pour l’heure, 20 pays ont déjà pris des dispositions en ce sens.

Avec l’aval de la Commission, la plupart ont fait passer de 9 à 10h la limite de conduite quotidienne (voire 11h deux fois par semaine) et de 56 à 60h la limite hebdomadaire.

Mais « les accidents dus à la fatigue ne disparaissent pas seulement parce que nous sommes en situation de crise », arguent les deux députés, évoquant un « grand mécontentement au sein de la profession » et de possibles appels à la grève.

Contactée par des syndicats, la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF) avait alerté sur cette situation au lendemain de la réunion des ministres des Transports - soulignant l’afflux d'« appels désespérés » - et avait établi une liste de recommandations. (Agathe Cherki)

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