L'Agence européenne des médicaments considère qu'il n'existe actuellement aucune preuve scientifique établissant un lien entre l'ibuprofène et l'aggravation du Covid-19. Dans un communiqué de presse publié mercredi 18 mars, elle indique toutefois se tenir prête à revoir sa position en cas de nouveau développement.
L'agence justifie sa prise de position au regard des « rapports, en particulier sur les réseaux sociaux, qui soulèvent des questions quant à savoir si les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l'ibuprofène pourraient aggraver la maladie du coronavirus ». Le 14 mars, le ministre français de la Santé, Olivier Véran, avait notamment publié sur son compte Twitter que « la prise d’anti-inflammatoires » tels que l’ibuprofène ou la cortisone « pourrait être un facteur d’aggravation de l’infection ». Il recommandait la prise de paracétamol en cas de fièvre.
Le communiqué de l'EMA s'inscrit dans le cadre d'une évaluation lancée en mai 2019 par son comité de sécurité (PRAC), à la suite d'une enquête de l'Agence nationale française de sécurité du médicament (ANSM) pour qui ces médicaments pourraient aggraver la varicelle et certaines infections bactériennes.
Même s'il est généralement recommandé de recourir au paracétamol comme première option de traitement pour la fièvre ou la douleur, chaque médicament a ses propres avantages et risques, indique l'EMA. Elle souligne ainsi qu'il n'y a actuellement aucune raison pour les patients prenant de l'ibuprofène d'interrompre leur traitement, en particulier pour les patients souffrant de maladies chroniques.
L'EMA conclut son communiqué en invitant les parties prenantes à approfondir leurs recherches sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens, le temps que l'analyse du PRAC soit finalisée. « L'Agence tend la main à ses parties prenantes et est prête à soutenir activement ces études qui pourraient être utiles pour orienter toute future recommandation de traitement », conclut-elle. (Sophie Petitjean)