Les ministres européens des Finances plaident pour une réponse budgétaire agrégée au niveau de la zone euro qui respecte pleinement le Pacte de stabilité afin de faire face à une période prolongée de croissance molle.
Cette réponse budgétaire devra être « différenciée » selon la situation propre à chaque pays de la zone euro et éviter tout effet procyclique, souligne le Conseil 'Ecofin' dans la recommandation sur la politique économique de la zone euro qu'il a adoptée mardi 18 février.
« Si des aléas baissiers devaient se concrétiser, il conviendrait de différencier les réponses budgétaires en vue d'adopter une politique plus favorable au niveau agrégé tout en veillant à respecter pleinement le pacte de stabilité et de croissance », souligne en effet la recommandation.
Ainsi, les pays disposant d'une marge budgétaire sont invités à stimuler l'investissement public et privé tandis que ceux faisant face à un fort endettement public devront continuer de consolider leurs finances publiques.
Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a indiqué que la position des États membres était guidée par la conjoncture actuelle, marquée par une croissance du PIB qui devrait stagner à 1,2% du PIB en 2019, 2020 et 2021 (EUROPE 12425/5). Il a jugé « positif » le fait que « l'Allemagne et les Pays-Bas », qui font état d'excédents budgétaires, aient décidé d'augmenter les dépenses pour stimuler leur économie.
Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, s'est réjoui que la zone euro se dise, « pour la première fois », « prête à utiliser l’instrument budgétaire, si nécessaire, si nous devions faire face à un ralentissement durable de la croissance, pour relayer la politique monétaire ». Il s'est prononcé pour une « flexibilité » accrue des règles budgétaires pour autoriser les États membres à investir plus dans « les énergies vertes ».
Fiscalité. À noter que, dans une déclaration annexée à la recommandation, Malte estime qu'inviter les États membres à mettre en œuvre les actions de l'UE visant à lutter contre la planification fiscale agressive et à éviter le nivellement par le bas en matière de fiscalité des entreprises constitue un langage « ambigu », qui « semble sous-entendre que des niveaux de taxation moins élevés seraient en soi dommageables ou abusifs ».
Voir la recommandation : http://bit.ly/37IEEhH (Mathieu Bion)