Les nouvelles propositions sur le prochain cadre financier pluriannuel faites par le président du Conseil européen, Charles Michel (EUROPE 12427/1), inquiètent grandement la Conférence des régions périphériques et maritimes (CRPM), notamment en raison des coupes proposées pour les régions les plus développées.
Certes, l’organisation note, dans une analyse publiée mardi 18 février, une augmentation de 2 milliards d’euros (en prix 2018) pour la politique de cohésion par rapport aux propositions finlandaises de décembre, mais les coupes restent, malgré tout, de 44 milliards (-12%) par rapport au cadre financier pluriannuel 2014-2020.
Surtout, la CRPM se dit « extrêmement préoccupée » par les fortes réductions proposées pour les régions les plus développées, qui perdent 20% (7 milliards d’euros) de leur allocation par rapport à la proposition de la Commission européenne. Selon les calculs de la CRPM, ces coupes toucheront en premier lieu les quatre États membres dits « frugaux », à savoir le Danemark, l’Autriche, les Pays-Bas et la Suède.
Une stratégie de Charles Michel
La stratégie de Charles Michel est claire et logique, de l’avis d’une source. Le Belge sait que les États membres, et notamment les États « frugaux », n’ont pas pour priorité de défendre leurs régions dans le cadre de la politique de cohésion, au contraire des états d’Europe centrale et orientale, ainsi que du Sud. Prendre aux premiers pour donner aux seconds ne mettrait pas en péril le cours des négociations, selon notre source.
Par ailleurs, dans son analyse, la CRPM constate que de nouvelles dispositions visant à indemniser les différents États membres en mettant 6 milliards d'euros mis de côté « pour de futurs cadeaux » à accorder aux différents États membres lors des dernières étapes des négociations sous la rubrique 2 « indiquent l'intention du président du Conseil de parvenir à un accord le 20 février, au prix de l'ajout de nouvelles exceptions et de cadeaux aux différents États membres ». Ce qui serait une pratique de longue date du Conseil, nous explique-t-on.
Pour consulter l’analyse dans son intégralité : http://bit.ly/2P46Sgc (Pascal Hansens)