Une audition en sous-commission ‘Sécurité et défense’ du PE sur le thème ‘Le réexamen de la Coopération structurée permanente : la voie à suivre’, a mis à jour, lundi 17 février, la nécessité de faire des modifications dans la mise en œuvre de cette coopération structurée permanente (CSP ou PESCO en anglais).
Le rapport annuel sur la CSP devrait être publié fin mars. Il servira de base à l’adoption d’un réexamen stratégique en mai par le Conseil. Celui-ci adoptera aussi, probablement à l’automne, la révision de la décision du Conseil de 2017. De son côté, le Parlement va préparer une recommandation, qui sera élaborée par Radosław Sikorski (PPE, polonais).
Un des objectifs de la révision est de renforcer la cohérence entre les 47 projets adoptés jusqu’à présent. Ainsi, selon Arnout Molenaar, chef de l’unité de la politique de sécurité du Service européen pour l’action extérieure, la discussion porte sur la façon dont on pourrait regrouper les différents projets pour trouver des synergies, par exemple, regrouper les projets qui portent sur la cybernétique.
Jean-Pierre Maulny, chercheur à l’IRIS sur les questions de défense, a renchéri en proposant « 5 ou 6 fonctions stratégiques », sous lesquelles seraient regroupés les projets. Il a ajouté que cela permettrait aussi de supprimer les projets qui se ressemblent ou sans progrès. « Il faut laisser à la CSP du temps pour que les projets aient leurs effets », a cependant temporisé M. Molenaar, rappelant que la coopération n’avait que deux ans.
Pour le chef de la division 'Concepts' à l'état-major de l'UE, Lars Schümann, les projets proposés dans le futur devraient se concentrer sur « les lacunes en termes de capacité que l’on doit combler et ainsi s’aligner sur les exigences de certains États membres qui demandent de se concentrer sur les résultats ». « Nous sommes en train de combler les lacunes en matière de capacité. C’est ce qui devrait être le moteur de la CSP, mais ce n'est pas le cas actuellement », a-t-il regretté.
Autre objectif du réexamen : renforcer les engagements contraignants pris jusqu’à présent. « Il ne faut pas s’attendre à des miracles, mais la révision est une occasion de voir ou de renforcer les choses et de les peaufiner », a prévenu M. Molenaar.
Selon lui, la révision portera aussi sur l’alignement de la CSP avec la Politique de sécurité et de défense commune et sur sa possible interaction avec le Fonds européen de défense ou encore la facilité européenne pour la paix.
Face à ces remarques, Alessandro Cignoni, chef de l’unité CSP à l’Agence européenne de défense, a appelé à la patience. « La CSP n’est pas un instrument magique, mais c’est un instrument très utile dont disposent les États membres. En deux ans, ils ont commencé à créer de la coopération, de l’esprit d’équipe », a-t-il ajouté, estimant qu’il s’agissait là d’un succès de la CSP. (Camille-Cerise Gessant)