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Bulletin Quotidien Europe N° 12428
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INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

Londres rappelle que l'objectif fondamental du Brexit est de ne plus suivre les règles de l'Union européenne

Le Royaume-Uni ne peut, de par sa proximité géographique avec l'UE, bénéficier d’un accord comparable à celui que cette dernière a négocié avec le Canada et chaque accord de libre échange international, quel qu'il soit, contient en soi un mécanisme de ‘règles du jeu équitables’, adapté au cas par cas.

C’est la réponse adressée, mardi 18 février, par la Commission européenne et son négociateur en chef, Michel Barnier, aux annonces faites la veille au soir à Bruxelles par David Frost, le négociateur britannique et conseiller de Boris Johnson, qui a rappelé à ses homologues que le Brexit n'aurait pas de sens si Londres devait continuer à s'aligner sur son partenaire.

Invité lundi soir par l’Université Libre de Bruxelles à s’exprimer sur le thème des révolutions en Europe après des rendez-vous à la Commission européenne et au Conseil de l'UE, David Frost a en effet indiqué que Londres n’avait pas l’intention de suivre les règles européennes, ce qui reviendrait à manquer l’objectif du Brexit et à saper le consentement démocratique au processus. Londres n’entend pas non plus accepter une supervision de la Cour de justice de l’UE quant à l’application des principes de 'règles du jeu équitables' ('level playing field').

David Frost dévoilait quelques éléments de la vision britannique, mais c'est la semaine prochaine que le gouvernement dira comment il conçoit cette future relation. Le 25 février, les ministres des Affaires européennes de l’UE adopteront, eux, le mandat de négociation de la Commission.

Lors de son allocution, le Britannique s’est évertué à convaincre Michel Barnier de « voir les choses différemment », alors que le négociateur de l’UE évoque régulièrement des effets essentiellement négatifs du Brexit. Selon David Frost, le Royaume-Uni entre, au contraire, confiant dans cette nouvelle aventure qui n’a rien d’un processus de « limitation des dégâts », comme le dit le Français.

S’appuyant sur la tradition d’un Royaume-Uni ouvert au commerce et certain que l’attractivité du pays restera la même, notamment auprès des « scientifiques et chercheurs », le négociateur a vanté la grande capacité des économies à s’adapter rapidement et a estimé que les choses seraient plus faciles pour le Royaume-Uni une fois sa souveraineté retrouvée à la fin 2020, alors qu'il est si difficile dans l’UE « de renverser de mauvaises décisions ».

Sur la forme de cette future relation, le négociateur britannique a indiqué que Londres cherchait précisément un accord du type de celui avec le Canada, le CETA, ou du type de ceux avec le Japon ou la Corée du Sud. « On sait qu’il y aura des freins au commerce, des barrières », a ainsi reconnu le Britannique, le prix à payer, en quelque sorte, pour pouvoir diverger des règles européennes. David Frost a néanmoins souligné que le Royaume-Uni n’avait aucunement l’intention de devenir une économie « de bas standards » et qu’il chercherait une relation, en tant que pays souverain, « d'égal à égal » avec l'UE.

Ce mercredi 19, les ambassadeurs nationaux au sein du Comité des représentants permanents débattront à nouveau de leur côté du mandat de négociations. Un nouveau projet de texte circulait le 18 février avec des modifications de langage mineures, mais insistant néanmoins sur ce 'level playing field', avec des références plus nombreuses dans le mandat à la notion de maintien de « hauts standards communs dans le temps » (common high standards over time).

Cette notion de temps est importante pour les États membres, car elle permet de couvrir les changements à venir dans les normes européennes et, donc, les adaptations qui pourraient être demandées en échange à Londres. Mais le texte ne mentionne pas noir sur blanc d’alignement dynamique, ce concept, poussé par certains pays comme la France, étant vu comme un repoussoir par d’autres partenaires qui ne souhaitent pas braquer Londres dès le début de la négociation. Les ambassadeurs en discuteront dans l’après-midi.

Gibraltar ne veut pas être l’otage du Brexit

Avant la prise de parole de David Frost, c’est le vice-gouverneur et ministre de l’Europe de Gibraltar, Joseph Garcia, qui était de passage à Bruxelles. S’exprimant devant l’European Policy Center, ce responsable du territoire britannique de 32 000 personnes a appelé l’UE et l’Espagne à ne pas prendre le territoire britannique en otage et à assurer des solutions « pragmatiques » de fluidité à la frontière terrestre avec l’Espagne, qui seront bénéfiques pour les gens de part et d’autre du rocher. Le projet de mandat actuel pour la future relation Royaume-Uni/UE ne couvre pas Gibraltar, l’Espagne, l’UE et le Royaume-Uni ayant convenu de régler la situation dans d’éventuels accords séparés. (Solenn Paulic)

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