La représentante spéciale adjointe du Secrétaire général de l’ONU au sein de la Mission de soutien des Nations unies en Libye (UNSMIL), Stephanie Williams, a salué la décision du Conseil 'Affaires étrangères' de créer une nouvelle mission qui aura pour objectif premier la surveillance de l’embargo sur les armes à destination de la Libye (EUROPE 12427/4).
Il s’agit d'une « première mesure positive », a-t-elle expliqué en visioconférence lors d’une audition en sous-commission 'Sécurité et Défense' du PE, mardi 18 février, ajoutant que « jusqu’à présent, il n’y avait aucun contrôle de l’embargo ». L’opération EUNAVFORMed Sophia a pourtant, depuis 2016, un mandat de l’ONU pour une telle surveillance (EUROPE 11573/20).
« Il y a beaucoup de choses qui passent en Libye par la terre, la mer et les airs. Il faudrait qu'un mécanisme de contrôle exhaustif soit mis en place », a souligné Mme Williams. Et de plaider : « On doit mettre un terme à ce déluge d’armes sur la Libye si on veut obtenir un cessez-le-feu exhaustif et durable ».
« Nous contrôlons la mer, mais les armes arrivent principalement par terre ou par air. Concrètement, avoir une mission navale signifie aussi le déploiement des radars, mais on n’aurait jamais pu imaginer le déploiement d’une mission de contrôle le long de la frontière libyenne avec l’Égypte », a expliqué Rosamaria Gili, chef de division au Service européen pour l’action extérieure pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord. Cependant, selon elle, les experts militaires sont convaincus du pouvoir de dissuasion des forces navales et des satellites.
Plus tôt dans la journée, l’envoyé spécial de l’ONU sur la Libye, Ghassan Salamé, avait estimé, depuis Genève, que « quiconque pouvant aider à surveiller l'embargo sur les armes [était] le bienvenu ». « Si c'est fait par les Européens ou par d'autres, ce n'est pas (...) mon problème », avait-il lancé, avant d’appeler « tous les États membres des Nations unies à venir à la rescousse pour surveiller le respect de l'embargo sur les armes », sinon « cela ne s’arrêtera pas ».
Auprès d’EUROPE, le président de la commission 'Affaires étrangères' du PE, David McAllister (PPE, allemand) a salué la création de la nouvelle mission de l'UE. « C’est une tâche importante. Nous avons besoin que cette mission soit un succès. Il y a beaucoup trop d’armes qui ont été apportées en Libye et qui y sont toujours », a-t-il souligné. (Camille-Cerise Gessant)