À l’heure de l’escalade militaire entre la Turquie et les forces gouvernementales syriennes, l’Union européenne a appelé, jeudi 6 février, à la cessation des hostilités dans le nord-ouest de la Syrie et à l'ouverture d'un corridor humanitaire dans la province d’Idleb, dernier bastion des rebelles syriens où la situation humanitaire est catastrophique.
« Les bombardements et autres attaques contre les civils dans le nord-ouest de la Syrie doivent cesser. L'Union européenne presse toutes les parties au conflit de permettre un accès humanitaire sans entrave aux personnes ayant besoin d'une assistance et de respecter les règles et obligations du droit humanitaire international, y compris la protection des civils », ont déclaré, dans un communiqué conjoint, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et le commissaire européen à la Gestion des crises, Janez Lenarčič.
Tous deux déplorent que, depuis l'intensification des combats, « des centaines de civils » aient été tués et que « plus de 500 000 personnes ayant dû fuir de chez elles au cours des seuls deux derniers mois » soient dans le plus grand dénuement.
Ils affirment que « les attaques continuent de cibler des civils dans des zones à forte densité de population, des installations médicales et des camps de personnes déplacées » et que « les souffrances humaines extraordinaires endurées par la population civile dans le nord-ouest de la Syrie sont inacceptables ».
Au nom de l'UE, ils rappellent qu'« il n'y a pas de solution militaire au conflit » et que « la seule voie vers la stabilité est une solution politique crédible et inclusive, sous l’égide des Nations unies, conformément à la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité ».
L'UE assure qu'elle continuera de fournir de l'aide humanitaire aussi longtemps que nécessaire. Depuis le début du conflit, l'UE et ses États membres ont mobilisé 17 milliards € en faveur des populations vulnérables en Syrie et dans les pays voisins. (Aminata Niang)