L'approfondissement de l'Union économique et monétaire (UEM) afin de la rendre « plus juste » et plus forte sur le plan international constitue l'une des priorités économiques de la Présidence croate du Conseil de l'Union européenne au premier semestre 2020.
Conscientes de la nécessité d'agir en parallèle pour réduire et partager les risques financiers dans le système bancaire, les autorités croates ont l'ambition de faire avancer les discussions sur la proposition législative existante visant à instaurer un système européen de garantie des dépôts (EDIS) et celle à venir afin de mettre sur pied une capacité budgétaire pour la zone euro à partir de 2020.
Dans le même temps, Zagreb souligne la nécessité de poursuivre les travaux destinés à empêcher l'accumulation future de prêts bancaires non performants ('non performing loans' ou NPL). Si le Parlement européen arrête sa position de négociation, la Présidence croate sera en mesure d'entamer des négociations interinstitutionnelles sur la stimulation des marchés secondaires pour les NPL (EUROPE 12223/20) et/ou la création d'un mécanisme extrajudiciaire de recouvrement de prêts non performants (EUROPE 12378/14).
En revanche, les avancées sur l'approfondissement de l'UEM dépendront surtout d'un éventuel accord de l'Eurogroupe sur la réforme du Mécanisme européen de stabilité, le fonds de sauvetage permanent de la zone euro, et sur la relance des négociations politiques sur le parachèvement de l'union bancaire.
Après l'échec constaté en décembre (EUROPE 12384/1), les ministres des Finances de la zone euro tenteront d'y voir plus clair lors de leur réunion programmée lundi 20 janvier. Au centre des discussions figure notamment la position de l'Italie, hostile à l'instauration d'un risque pour l'exposition bancaire à la dette publique.
Sur le plan budgétaire, la Présidence croate pilotera les discussions au Conseil dans le cadre du 'Semestre européen' pour 2020 que la Commission européenne a initié en décembre (EUROPE 12392/13). Seront établies pour chaque pays des recommandations de politique socio-économique, à la lumière notamment des données budgétaires définitives pour 2019 attendues au printemps.
Voir les priorités économiques de la Présidence croate du Conseil : http://bit.ly/2toY1xK (Mathieu Bion)