Le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a souligné, vendredi 3 janvier, la vive préoccupation de l’UE concernant la décision prise par la Grande Assemblée nationale de Turquie, la veille, d'autoriser des déploiements militaires en Libye.
Par 325 voix contre 184, les parlementaires ont adopté une motion donnant à l’armée turque un mandat d’un an pour intervenir en Libye. Le Président turc, Recep Tayyip Erdogan, n’a pas encore précisé la nature de l’intervention - envoi de troupes ou seulement de ‘conseillers’ militaires - afin d’aider le gouvernement d’union nationale libyen.
« Il n'y a pas de solution militaire à la crise libyenne. Les actions de soutien à ceux qui combattent dans le cadre du conflit ne feront que déstabiliser davantage le pays et la région dans son ensemble », a prévenu le porte-parole du SEAE dans un communiqué. Selon lui, il est « impératif » que tous les partenaires internationaux respectent pleinement l'embargo des Nations Unies sur les armes. De plus, la communauté internationale doit soutenir les efforts du Représentant spécial des Nations Unies, Ghassan Salamé, et le processus de Berlin, « seul moyen de parvenir à une Libye pacifique, stable et sûre », a ajouté le porte-parole.
De son côté, l’UE continuera de soutenir « activement toutes les mesures d'apaisement et les démarches conduisant à un cessez-le-feu effectif et à la reprise des négociations politiques », a-t-il expliqué.
Le 23 décembre déjà, le porte-parole du SEAE avait expliqué qu’il n’y avait pas de solution militaire à la crise et que celle-ci ne pourrait être réglée que par une solution politique négociée sur la base des propositions récemment présentées par l'ONU. Il avait donc appelé toutes les parties libyennes à cesser toute action militaire et à reprendre le dialogue politique et la communauté internationale à respecter l’embargo sur les armes. « Tous les participants au processus de Berlin devraient s'employer de manière constructive à parvenir à un règlement pacifique du conflit, qui préserve la souveraineté de la Libye et soit négocié dans l'intérêt de tous les Libyens », avait souligné le porte-parole. (Camille-Cerise Gessant)