Les ministres et représentants des ministres de l’Intérieur des États membres de l’UE vont débattre, lundi 2 décembre à Bruxelles, de l’évolution des politiques migratoires et de sécurité intérieure, comme de la mise en œuvre des nouvelles règles d’interopérabilité des systèmes d’information et du nouveau règlement sur l’Agence européenne de garde-côtes et garde-frontières.
Ce sera aussi la première réunion des nouveaux membres de la Commission d’Ursula von der Leyen : Margaritis Schinas, vice-président chargé de la promotion du mode de vie européen, et Ylva Johansson, commissaire aux Affaires intérieures.
Sur les politiques migratoires et d'asile et sur la sécurité intérieure, les ministres débattront des pistes de réflexion soumises par la Présidence finlandaise du Conseil de l’UE dans un rapport (EUROPE 12379/4, EUROPE 12379/5).
Sur l’interopérabilité, qui repose sur deux règlements adoptés cette année - l’un sur le domaine des visas et frontières extérieures, l’autre sur les outils d’informations sur la migration -, il s’agit de discuter des modalités pour bien la mettre en œuvre alors que les deux règlements ont été adoptés en un temps record.
Pour rappel, les nouvelles règles établissent : - un portail de recherche européen : un guichet unique permettant d'effectuer des recherches simultanées dans plusieurs systèmes d'information de l'UE ; - un service de correspondance biométrique partagé : un outil permettant de vérifier les données biométriques (empreintes digitales et images faciales) dans les systèmes d'information européens pertinents ; - un référentiel d'identités communes : un conteneur partagé de données biographiques et biométriques de ressortissants de pays tiers disponibles dans plusieurs systèmes d'information de l'UE ; - un détecteur d’identités multiples.
Parmi les défis : mettre en œuvre ces règlements alors que certains systèmes d’information concernés, comme l’entrée/sortie ou le nouveau système européen d’autorisation de voyages (ETIAS), ne sont pas encore opérationnels. Il faut donc accélérer la mise en œuvre de ces deux systèmes d’information. Les États membres seront également invités à prendre des mesures techniques à leur niveau pour permettre que l’architecture générale européenne puisse fonctionner. Lundi, les ministres discuteront aussi de contre-terrorisme.
Une lettre de députés européens pour alerter sur la situation des îles grecques
Près d’une centaine d’eurodéputés issus des Verts/ALE, de la GUE/NGL ou du S&D ont envoyé une lettre, le 29 novembre, à tous les ministres de l’Intérieur de l’UE, leur demandant de mettre un terme à la situation des migrants dans les îles grecques, ont annoncé les élus verts Tineke Strik (néerlandaise) et Damian Boeselager (allemand).
Dans cette lettre, ils demandent d’améliorer tout de suite les conditions de vie de ces personnes, estimées à 46 000, dans les camps des îles de la mer Égée, de faciliter la réunion familiale des mineurs non accompagnés avec leurs familles dans les autres États membres ; ils s’opposent aussi aux centres annoncés par le gouvernement grec, qui seraient des centres fermés, mettant ainsi les demandeurs d'asile en conditions de détention. Ils appellent encore les États membres à soutenir le travail des associations et des volontaires sur place. (Solenn Paulic)