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Bulletin Quotidien Europe N° 12369
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Chili

Les députés européens attirent l'attention sur la situation des droits de l'homme

La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, et les eurodéputés participants se sont montrés particulièrement préoccupés par la situation au Chili, qui traverse depuis près d'un mois une crise sociale sans précédent, lors d'un débat au Parlement européen, mercredi 13 novembre. 

Depuis le début du mouvement, « 22 personnes sont décédées, 2000 ont été blessées, plus de 5000 arrêtées et au moins 300 actions judiciaires ont été lancées, y compris pour homicides, violences sexuelles et traitements cruels », s'est indignée Mme Mogherini, qui a demandé « des enquêtes rapides concernant toutes les violations des droits de l'homme ».

Les députés européens se sont eux aussi montrés alarmés par cette situation, insistant sur le rôle potentiel que pourrait avoir l'UE. « Nous ne devons plus fermer les yeux, mais jouer le rôle de médiateur », a estimé Martin Häusling (Verts/ALE, allemand).

Miguel Urbán Crespo (GUE/NGL, espagnol), pour sa part, a déploré que « la droite de ce parlement (ait) essayé de bloquer le débat sur le Chili » et a dénoncé « la politique de l'autruche » menée par les Européens. Il a demandé la suspension des accords commerciaux avec ce pays jusqu'à ce que les droits de l'homme y soient respectés. Brando Benifei (S&D, italien) a lui aussi jugé impossible que l'UE poursuive son accord d'association (EUROPE 12307/9) sans investir davantage dans le respect des droits humains.

L'UE prête à soutenir le Chili dans ce « moment important »

Federica Mogherini a salué l'annonce par le gouvernement chilien d'un remaniement ministériel, d'un agenda social et d'un projet d'élaboration d'une nouvelle constitution. L'eurodéputé Leopoldo López Gil (PPE, espagnol) a également fait référence à ces mesures, évoquant « l'action d'un gouvernement démocratique, responsable, qui souhaite des solutions à la crise ».

Mme Mogherini a confirmé la disposition de l'UE à venir en aide au pays durant cette phase de transition. « C'est un moment important pour la démocratie chilienne [...] qui a maintenant besoin d'un nouveau contrat social, avec un accent plus fort mis sur la lutte contre les inégalités et sur l'inclusion sociale », a-t-elle estimé.

Ainsi, le programme de coopération mis en place dans le cadre de la COP25 afin d'aider le Chili pendant sa présidence sera maintenu au-delà du sommet, finalement organisé en Espagne. « Il est également important que les acteurs économiques - le secteur privé en majorité - soient prêts à faire leur part de travail pour soutenir un nouveau pacte social inclusif », a ajouté la Haute Représentante.

« Pourquoi avoir ce débat ici ? », s'est interrogé, quant à lui, Jordi Cañas (Renew Europe, espagnol). Parce que l'Europe ne peut pas se détourner de la crise sociale que traverse le Chili et qu'elle aussi fait face à des problèmes de santé, d'éducation, de retraites, a-t-il estimé. « Il ne faut pas faire preuve de faux paternalisme, mais de respect par rapport à cet allié, à ce partenaire qui est une garantie de stabilité dans la région. Leurs problèmes sont aussi les nôtres », a-t-il conclu. (Agathe Cherki - stage)

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