Alors que va s'engager le débat sur la restriction des microplastiques intentionnellement ajoutés aux produits, les ONG breakfreefromplastic (plus de 1800 organisations) et Rethink Plastic Alliance ont réitéré, jeudi 14 novembre, leur plein soutien à l'approche initialement retenue par l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) et se sont alarmées que les commentaires formulés par l'industrie conduisent à saper l'objectif fondamental de la restriction plutôt qu'à contribuer à traiter de manière efficace la question de la pollution microplastique.
Dans une lettre adressée aux ministres européens de l'Environnement et à l'ECHA, ces ONG ont, le même jour, exprimé leurs vives préoccupations concernant « les dérogations très larges et problématiques fondées sur la prétendue biodégradabilité des microplastiques et les périodes transitoires excessivement longues » contenues dans la proposition de l'ECHA, qui visait à « empêcher que plus de 400 000 tonnes de microplastiques s'ajoutent à l'environnement (ainsi qu'à notre alimentation et à notre eau) ».
Aussi, invitent-elles la Commission et les États membres à répondre à ces préoccupations et à faire avancer le processus de restriction, sans retard ni dérogation.
Elles rappellent qu'une fois libérés dans l'environnement, les microplastiques sont pratiquement impossibles à éliminer et devraient donc être présents dans l'environnement pendant des centaines, voire des milliers d'années, avec des effets graves et bien connus sur l'environnement. Les données scientifiques recueillies par l'ECHA dans le rapport soutenant la nécessité d'une restriction sont sans équivoque : les microplastiques constituent un risque grave pour l'environnement et sont une source de pollution actuellement indéniablement incontrôlable.
« La proposition de restriction est un grand pas en avant. Mais ce projet, s'il était adopté en l’état, compromettrait sérieusement la réputation de l'UE en tant que leader de la lutte contre la pollution plastique. Il est urgent que ces lacunes injustifiables soient comblées et que les restrictions soient appliquées à tous les microplastiques intentionnels dans un délai court », commente Delphine Légi Alvarès, coordinatrice du mouvement breakfreefromplastic et de Rethink Plastic Alliance. (Aminata Niang)