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Bulletin Quotidien Europe N° 12367
ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

Malgré l’adoption d’un cadre de sanctions, Ankara annonce qu’elle poursuivra ses forages en Méditerranée orientale

Le ministère turc des Affaires étrangères a prévu, lundi 11 novembre, que la Turquie poursuivrait ses forages en Méditerranée orientale, quelques heures après l’adoption, par le Conseil des Affaires étrangères de l'Union européenne, d’un cadre de sanctions en représailles des activités illégales de forages.

« C'est une vaine attente pour ceux qui pensent que la Turquie cédera aux menaces et renoncera à ses droits en Méditerranée orientale. Personne ne devrait douter que nous poursuivrons nos activités d'exploration et de forage en Méditerranée orientale », a ainsi souligné le ministère, dans un communiqué. Selon lui, la Turquie avait déjà prévenu « à maintes reprises et avec force » qu'elle ne cesserait pas de « protéger ses droits » en Méditerranée orientale, découlant du droit international et également les droits et les intérêts de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) », cela « malgré toutes les mesures inintelligibles de l'UE ». La RTCN n’est reconnue que par la Turquie.

« Il est évident que l'UE (...) ayant perdu depuis longtemps sa crédibilité en tant qu'acteur impartial susceptible de contribuer à une solution à Chypre ne sera jamais en mesure d'adopter une attitude constructive et utile en Méditerranée orientale », a ajouté le ministère.

Devant la presse, le 12 novembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a estimé que les Européens n’avaient « pas intérêt à adresser des ultimatums à la Turquie concernant (ses) relations avec Chypre ». « Nous n'y attachons pas beaucoup d'importance et poursuivrons sur notre voie », a-t-il ajouté. Le président a également précisé qu’il pourrait renvoyer tous les prisonniers du groupe État islamique retenus en Turquie dans leur pays d'origine, même si ces pays refusent de les reprendre.

Le Conseil des Affaires étrangères a adopté, le 11 novembre, le cadre pour des mesures restrictives en réponse aux activités non autorisées de forage de la Turquie en Méditerranée orientale. Le Conseil du 14 octobre avait annoncé qu’il allait mettre en place un tel cadre (EUROPE 12348/2).

Comme EUROPE l'avait annoncé (EUROPE 12366/19), les personnes ou entités responsables d'activités de forage liées à la prospection et à la production d'hydrocarbures qui n'ont pas été autorisées par Chypre, dans ses eaux territoriales, dans sa zone économique exclusive (ZEE) ou sur son plateau continental, pourront faire l’objet d’un gel de leurs avoirs et d’une interdiction de visa. Ces activités de forage comprennent notamment, dans les cas où la ZEE ou le plateau continental n'a pas été délimité conformément au droit international, des activités susceptibles de compromettre ou d'entraver la conclusion d'un accord de délimitation de ce type. Les mesures restrictives pourront aussi concerner les personnes ou entités qui fournissent un soutien financier, technique ou matériel aux activités de forage susvisées et celles qui leur sont associées.

Il est aussi interdit aux personnes et aux entités de l'UE de mettre des fonds à la disposition des personnes et entités inscrites sur la liste.

Ce cadre de sanctions est pour l’instant vide. Selon la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, la prochaine étape pourrait être de faire des propositions pour identifier les individus et entités qui pourraient être sanctionnés. « Nous verrons quand et si cela se produira », a-t-elle ajouté.

Voir la décision du Conseil (en anglais) : http://bit.ly/34Rux97 (Camille-Cerise Gessant)

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