La Chine reste la première visée par la guerre tarifaire menée par l'administration Trump. Néanmoins, celle-ci affecterait tout autant les consommateurs américains que les producteurs chinois. C’est ce que démontre une étude de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) publiée ce 5 novembre.
Les sanctions américaines, appliquées depuis mi-2018, ont entraîné une réduction de plus de 25% des importations des produits soumises à des droits additionnels, révèle la CNUCED dans son analyse. Elles nuisent économiquement aux deux pays : les prix à l’exportation des producteurs chinois ont été adaptés à la baisse, alors que les prix à l’achat pour les consommateurs américains l'ont été à la hausse, lit-on.
Les produits chinois ont aussi été remplacés par des biens d’autres origines, notamment de l’UE. Cette dernière aurait bénéficié d’effets de détournement des échanges à hauteur d’environ 2,7 milliards de dollars, grâce surtout à une hausse des exportations dans le secteur des machines. Les autres bénéficiaires sont principalement Taïwan (machines de bureau et matériel de communication) et le Mexique (agroalimentaire, matériel de transport et machines électriques), mais aussi le Vietnam (équipements et mobilier de communication), souligne aussi l’étude (voir l'étude en anglais : https://bit.ly/32jnBQe ).
L'arbitrage sur le différend avec l'UE sur l'acier et l'aluminium ne serait rendu que fin 2020
L’Union européenne et les partenaires commerciaux des États-Unis s’insurgent eux aussi contre la politique de sanctions menée à leur égard par Washington, des droits appliqués par l'administration Trump sous le prétexte, à peine voilé, de rééquilibrer la balance commerciale des États-Unis.
Ainsi, le représentant de l’UE auprès de l'Organisation mondiale du commerce a appelé une nouvelle fois les États-Unis, lundi 4 novembre à Genève, à retirer leurs droits de douane imposés sur les importations d’acier et d’aluminium pour cause de sécurité nationale.
Lors de cette audition publique, tenue par le groupe spécial dans l'affaire UE/États-Unis sur les produits en acier et aluminium (DS548), les arbitres de l'OMC ont fait savoir que leur décision ne serait rendue que vers la fin de 2020, d’après une source genevoise. (Hermine Donceel)