La coprésidente du groupe des Verts/ALE du PE, Ska Keller (allemande), a vivement dénoncé les condamnations à l’encontre des 9 indépendantistes catalans par la Cour suprême espagnole, allant jusqu’à 13 ans de prison pour sédition, malversation de fonds publics et désobéissance, lundi 14 octobre.
« Après deux ans de détention provisoire injuste, nous considérons que l'arrêt de la Cour suprême rendu public aujourd'hui contre notre député européen Oriol Junqueras (élu sur la liste des Verts/ALE, mais interdit de siéger au Parlement européen – EUROPE 12277/16) et les autres dirigeants catalans est disproportionné et qu'il ne servira qu'à aggraver la crise politique en Catalogne », a ainsi déclaré, indignée, l’eurodéputée allemande. À ses yeux, la situation en Catalogne exige une solution politique qui ne devrait être en aucun cas traitée par les tribunaux. Et d’appeler le gouvernement espagnol à libérer immédiatement les indépendantistes condamnés.
Le même jour, de son côté, Alfred Bosch, conseiller à l’Action extérieure, aux Relations institutionnelles et à la Transparence de la Généralité de Catalogne, a une nouvelle fois dénoncé le procès « politique » dont font l’objet les 9 Catalans. Leur condamnation constitue une « erreur historique », selon lui. Il a également dénoncé l’attitude du Premier ministre, Pedro Sánchez, qui, à ses yeux, n’a rien fait pour ouvrir le dialogue. M. Bosch en appelle une nouvelle fois à la communauté internationale pour trouver une solution politique.
Nouveau mandat d'arrêt européen contre M. Puigdemont
La réponse politique ne s'est pas fait attendre. Le même jour, dans la foulée des condamnations, dans une allocution télévisée, M. Sánchez a appelé à franchir « une nouvelle étape », indiquant à l’adresse du gouvernement indépendantiste catalan qu’il était « disposé à contribuer au dialogue dans le cadre de la légalité constitutionnelle ». Au même moment, la Cour suprême a émis un nouveau mandat d’arrêt européen et international contre l’ancien président indépendantiste de la Généralité de Catalogne, Carlos Puigdemont.
Parmi les 9 condamnations sur les 12 personnes en état d’arrestation, Oriol Junqueras, ancien vice-président de la Généralité de la Catalogne et à la tête de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), a été le plus durement frappé puisqu'il a écopé d’une condamnation de 13 ans pour sédition et malversation de fonds publics.
La Cour suprême a abandonné le chef d’inculpation de rébellion (qui sous-tend une tentative de coup d’État avec violence), qui exposait les Catalans à une condamnation pouvant aller jusqu’à 25 ans (EUROPE 12347/16). (Pascal Hansens)