login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12342
Sommaire Publication complète Par article 31 / 33
The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Une tempête en chasse une autre

Cette semaine, l’Irlande a été frappée par la tempête Lorenzo, vestige d’un ouragan qui s’était formé ailleurs. Mais la tempête Brexit qui se prépare causera certainement davantage de dégâts dans le pays.

Plutôt que de donner de l’espoir et insuffler une nouvelle dynamique aux négociations sur le Brexit, les dernières propositions du Royaume-Uni visant à maintenir ouverte la frontière irlandaise ont jeté un froid (EUROPE 12340/8). Les députés européens du groupe de pilotage sur le Brexit se disent « très préoccupés » par ces propositions, qui, selon eux, ne protégeront ni le marché unique de l’UE ni la paix fragile en Irlande du Nord (EUROPE 12341/8). Donald Tusk, le président du Conseil européen, a fait part de son « scepticisme » après un entretien avec le Premier ministre britannique, Boris Johnson. Quant au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, il les a qualifiées de « problématiques ».

Le gouvernement irlandais était encore plus abattu, déclarant qu’il ne pourrait jamais accepter une proposition qui octroie de fait à l’Irlande du Nord un droit de veto sur les mesures adoptées (un point discutable, étant donné que le pays est dépourvu de gouvernement depuis trois ans). Les propositions ont déclenché une guerre de déclarations entre le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, et la dirigeante du parti unioniste démocrate, Arlene Foster, qui l’a accusé de « préparer le terrain pour un no-deal ».

Dans un nouveau rapport, publié vendredi, le groupe de réflexion eurosceptique Open Europe avance qu’une sortie sans accord « entraînera quelques perturbations qui pourront en grande partie être gérées en y apportant les bonnes réponses », parmi lesquelles, des engagements unilatéraux du gouvernement britannique d’éviter les contrôles à la frontière irlandaise, de conserver les normes européennes en matière de produits et de dédommager les entreprises et les secteurs affectés par les tarifs douaniers de l’UE.

Les économistes de Bloomberg prédisent toutefois une récession au Royaume-Uni, qui, selon la Banque centrale européenne, pourrait avoir des répercussions sur la zone euro, en particulier sur l’Irlande. En effet, ce pays dépend fortement des exportations destinées aux consommateurs britanniques et de l’accès à une route commerciale vers l’Europe transitant par l’Angleterre et le Pays de Galles.

« Le chaos ». C’est en ces termes qu’un homme d’affaires irlandais décrit les conséquences d’une potentielle sortie sans accord. L’association des exportateurs irlandais prédit d’importants retards aux ports irlandais, des pertes d’emplois et des fermetures d’entreprises (même en cas d’accord), étant donné que de nombreuses petites entreprises n’ont pas les moyens de se préparer au Brexit et encore moins de mettre en place des tampons pour faire face à un éventuel « no deal ». Et il ne s’agit pas que des entreprises. Cette semaine, au cours d’une conversation téléphonique, le chef de la police d’Irlande du Nord a expliqué à Boris Johnson qu’il était « quasiment impossible » de maintenir l’ordre à la frontière avec le nombre d’agents dont il dispose actuellement.

Pour l’heure, l’UE demande au Royaume-Uni de radicalement modifier ses propositions, qui maintiennent l’alignement de l’Irlande du Nord sur la plupart des règles du marché unique, mais prévoient sa sortie de l’Union douanière. Le Premier ministre britannique propose de résoudre ce dilemme en recourant à la technologie de suivi, au prédédouanement pour les négociants approuvés et à des contrôles limités aux usines ou aux postes douaniers des deux côtés de la frontière, mais à une certaine distance de cette ligne sinueuse de 500 km, qui compte environ 300 points de passage.

Les diplomates se réuniront à nouveau, dans une semaine, pour examiner une offre qui répondrait mieux à leurs attentes. Le négociateur en chef du Royaume-Uni, David Frost, est à Bruxelles aujourd’hui pour faire valoir ses arguments, tandis que M. Johnson envisagerait d’effectuer une mini-tournée européenne la semaine prochaine.

Toutefois, jusqu’à présent, les deux camps semblent gérer les attentes au lieu de véritablement négocier. Le bout du « tunnel des négociations » est encore loin... ils n’y sont même pas entrés. Theresa May est restée de marbre, alors que son successeur, M. Johnson, a déclaré au Parlement britannique, jeudi, qu’il avait « véritablement tenté de combler le fossé, de concilier ce qui semble inconciliable, et d’en faire plus », en soumettant ses dernières propositions sur le Brexit.

Norbert Roettgen, le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement allemand, a indiqué sur Twitter que « si le Royaume-Uni est sérieux à ce sujet, il devra demander une extension ». Le Parlement britannique sera (à nouveau) suspendu la semaine prochaine, du 8 au 14 octobre. M. Johnson a jusqu’au 19 octobre, au lendemain d’un sommet européen organisé à Bruxelles, pour demander un report du Brexit. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
AUDITION DES COMMISSAIRES DÉSIGNÉS AU PARLEMENT EUROPÉEN
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SÉCURITÉ - DÉFENSE
ACTION EXTÉRIEURE
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES
The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit
CALENDRIER
CALENDRIER BIS