Le troisième débat qu'ont eu les ministres européens de l'Environnement sur la stratégie climatique de long terme de l'UE a permis, vendredi 4 octobre à Luxembourg, de mesurer les progrès engrangés par les États membres pour identifier les moyens d'accompagner la transformation en profondeur de l'économie européenne, pour garantir une transition juste et équitable pour tous - pays, régions et populations -vers la neutralité climatique.
L'annonce du ralliement de l'Estonie à cet objectif pour l'horizon 2050, faite la veille, a été la nouvelle la plus saillante et la plus réjouissante, puisque le nombre de pays pouvant se rallier à l'objectif de neutralité climatique à cette échéance élargit à 25 le camp des États membres désormais prêts, sur le principe, à cette ambition.
Tirant le bilan des discussions jusqu'ici, la présidente du Conseil, la ministre finlandaise à l'Environnement et au changement climatique, Krista Mikkonen, a souligné quatre grandes tendances : la neutralité climatique à l'horizon 2050 est un objectif largement partagé ; la transformation exige la cohérence des politiques ; la transition doit être inclusive, juste et socialement acceptable ; des instruments pour mobiliser les investissements sont indispensables.
Du débat ministériel de vendredi, il est clairement ressorti que l'éventail des incitants et du cadre à préparer pour accompagner la transition se précise.
Les suggestions faites vont du futur cadre budgétaire 2021-2027 de l'UE modernisé (se concentrant sur les fonds de cohésion, le climat, la recherche, la politique de développement et l'innovation) à l'accompagnement financier des régions fortement dépendantes du charbon, en passant par la formation des travailleurs les moins spécialisés pour leur donner accès aux compétences.
Quant aux mesures et actions à renforcer à court et moyen termes pour contribuer de manière décisive à la neutralité climatique, les ministres ont souvent mentionné, à l'instar du Danemark, le futur 'Green Deal européen' pour favoriser la transition verte dans tous les secteurs (énergie, transports, industrie, agriculture, économie circulaire).
Cette transition passe, pour des pays comme l'Allemagne, par un système énergétique basé sur les renouvelables, les investissements dans le stockage des renouvelables, l'abandon du charbon, mais aussi par l'intégration du transport et du chauffage dans l'ETS et par un prix plancher du carbone. Les mesures d'encouragement des technologies numériques pour renforcer la demande de biens et services, ainsi que la politique de mobilité verte par le partage des véhicules ont également été citées.
La Présidence finlandaise continuera intensivement les travaux, avec bon espoir que la discussion, arrivée à maturité, permettra de dégager un accord en décembre.
Le commissaire Miguel Arias Cañete s'est déclaré « heureux que l'Estonie soit désormais dans les starting-blocks, alors que ce pays a eu un peu de mal à démarrer ».
Il a dit son espoir que l'UE puisse déposer au secrétariat de la CNUCCC la stratégie de long terme au début 2020. « L’année 2020 sera mise à profit pour prévoir une approche européenne et veiller que les autres partenaires internationaux soumettent leur plan d’ici fin 2020, comme prévu dans l'Accord de Paris », a-t-il déclaré.
Et de rappeler qu'au sommet de New York, 77 pays se sont engagés pour la neutralité carbone d’ici 2050. « À court terme, nous sommes prêts à mettre en œuvre notre objectif 2030 », a-t-il ajouté. (Aminata Niang)