Le Premier ministre Mark Rutte a fait l’éloge de l’OTAN, jeudi 3 octobre, dans un discours à l'Association atlantique néerlandaise, à la Haye.
« Nous avons besoin de l'OTAN (…) Il n'y a pas d'alternative. Les Pays-Bas, l'Europe - nous ne pouvons pas garantir notre propre sécurité », a-t-il expliqué.
Rappelant que la future présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait estimé que la politique de sécurité collective de l’UE était impensable sans l’OTAN, il a repris les termes de cette dernière : « Nous resterons transatlantiques et nous devons devenir plus Européens ».
« L’Alliance est indispensable pour la sécurité de l’Europe (...) Dans la coopération entre l'UE et l'OTAN, l'Europe peut et doit faire plus », a prévenu le Premier ministre néerlandais, citant notamment l’amélioration de la mobilité militaire ou la coopération et la mise en commun des forces dans le domaine militaire. « Même sans armée européenne, l'Europe peut et doit faire davantage pour garantir sa propre sécurité, en coopération plus étroite avec l'Alliance », a-t-il ajouté.
M. Rutte est aussi revenu sur les dépenses en matière de défense. « La sécurité a un prix », a-t-il martelé. « Toute personne qui est membre d'un club doit payer une cotisation. Nous n'aimons pas cela, mais le temps où l'Europe pouvait se cacher sous le parapluie de la sécurité américaine pour une petite somme d'argent est révolue », a prévenu le Premier ministre.
Les Américains demandent aux Alliés de respecter l’accord de 2014 portant sur un budget de la défense de 2% du revenu national d'ici 2024. En 2018, les Pays-Bas étaient à 1,35%.
M. Rutte a précisé comprendre la position américaine, expliquant qu’après le Brexit, environ un cinquième des dépenses militaires totales de l'OTAN sera pris en charge par les alliés membres de l'UE. « C'est insoutenable à long terme », a-t-il reconnu. (Camille-Cerise Gessant)