Le premier échange, au sein de la nouvelle commission parlementaire du commerce (INTA), le 2 octobre, sur les accords commerciaux avec le Vietnam - un accord de libre-échange (ALE) et un accord de protection des investissements (API) - a ravivé le débat entre partisans de deux stratégies : la carotte et le bâton.
Les députés européens seront appelés à ratifier ces accords, signés en juin dernier, dans les prochains mois (EUROPE 12329/25).
Cependant, rien n'indique que leur mise en œuvre induirait une amélioration significative du bilan des droits de l’homme de Hanoï, ont souligné de nombreux députés, à la gauche et au centre du PE.
« L’accès au marché de l’UE a un prix », a insisté Jude Kirton-Darling (S&D, britannique), s'étonnant de ce que la ratification des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) était par ailleurs exigée par l’UE de ses partenaires commerciaux pourtant moins avancés (dans le cadre de son programme ‘Tout sauf les armes’).
Ces députés appellent donc à utiliser la ratification des accords comme levier pour pousser Hanoï sur la voie des réformes et améliorer son bilan en matières sociale et environnementale. « Il en va de l’image de marque de l’UE », a souligné Elsi Katainen (RE, finlandaise).
Plusieurs groupes politiques se sont également inquiétés des moyens mis en œuvre par l'UE pour assister Hanoï dans l'application de ses engagements sur le terrain - notamment les dispositions du chapitre sur le commerce et le développement durable de l'ALE.
Les bénéfices économiques du traité semblent généralement peu controversés : il s'agit du premier accord global avec un pays en développement ; cet accord ancre la présence économique européenne en Asie.
Il n'y a pas à s'inquiéter non plus de fraudes ou d'abus : aucun produit chinois ne pourra bénéficier frauduleusement des préférences accordées au Vietnam, a affirmé Peter Berz, de la direction générale du Commerce, répondant à une question de Christophe Hansen (PPE, luxembourgeois).
Quant à l’API, il faut balancer les droits, mais aussi les devoirs des investisseurs, ont souligné des députés de gauche. (Hermine Donceel)