L'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a appelé, vendredi 4 octobre, dans une résolution, à une action concertée face à « l'émigration de travail en Europe de l'Est et son impact sur l'évolution sociodémographique dans ces pays ».
Dans le rapport sur lequel cette résolution est basée, le Roumain Ionut-Marian Stroe (PPE) rappelle que, selon les données recueillies par Eurostat, plus de 4,5 millions d'Ukrainiens, 3 millions de Roumains, environ 2,5 millions de Polonais et près d'un million de Bulgares se sont établis dans un autre pays de l'Union européenne en 2017.
« Ces déplacements ont des motifs principalement économiques, d'où la part importante des personnes en âge de travailler chez les migrants », note L'APCE.
Ce phénomène a des effets positifs sur les pays d'origine : baisse du chômage, transferts de fonds, compétences accrues des migrants qui choisissent au final de rentrer dans leur pays, etc.
Il y a cependant des conséquences très négatives au rang desquels d'importants problèmes sociodémographiques : fuite des compétences, baisse et vieillissement de la population, absence de cotisations sociales et problèmes familiaux graves lorsque des parents émigrent en confiant leurs enfants à des proches.
La résolution appelle à intensifier les efforts en faveur de l'intégration des migrants travailleurs dans les pays d'accueil, afin de renforcer les effets positifs de l'émigration de travail.
Parallèlement, elle demande aux pays d'origine un renforcement des initiatives sociales ciblées mises en œuvre afin d'aider les familles des travailleurs migrants, en particulier les enfants. (Véronique Leblanc)