5G, intelligence artificielle, marché intérieur des services, stratégie industrielle, stratégie pour les PME, soutien à l’industrie de la défense, à la mobilité militaire, renforcement des synergies entre le secteur de la défense et le secteur spatial… Les actions de la probable future commissaire au Marché intérieur, Sylvie Goulard, déroulées dans ses réponses écrites aux députés européens et publiées vendredi 27 septembre, sont aussi nombreuses que le domaine de son portefeuille est vaste. Elles viseront à répondre à deux grands enjeux : la transformation numérique et le changement climatique. À ce titre, les objectifs onusiens de développement durable lui serviront de boussole également, précise-t-elle.
Ainsi, l'ancienne eurodéputée veut s’attaquer aux barrières restantes, tant pour les produits que pour les services (une demande forte des États membres – EUROPE 12336/4), mentionnant la question du droit de propriété intellectuelle. Mme Goulard compte édicter de nouvelles stratégies industrielles (au pluriel dans ses réponses), articulées autour d’une stratégie spécifique pour les PME, pour garantir une industrie plus verte et circulaire, mais aussi la « souveraineté européenne ».
Sur le volet spatial, la commissaire s’inscrit dans les pas de celle qui l'a précédée à ce poste, Elżbieta Bieńkowska, notamment sur la stratégie spatiale. Elle veut intensifier la « diplomatie spatiale » avec les États-Unis, la Chine et le Japon, mais aussi avec l’Afrique du Sud.
Sur le volet numérique, Mme Goulard veut s’attaquer aux nouvelles frontières technologiques, notamment pour déployer la 5G et encourager l'essor d'un secteur européen de l’intelligence artificielle. Et de mentionner dans ce cadre la blockchain, le calcul à haute performance, les algorithmes et le ‘big data’. Elle compte renforcer l’acquisition des compétences numériques des Européens, notamment chez les femmes, et souhaite créer un marché intérieur de la cybersécurité.
Sur le volet externe, la commissaire insiste sur la nécessité de garantir une concurrence loyale au niveau international, mentionnant explicitement le secteur spatial.
La Française, qui fut très brièvement ministre de la Défense en 2017, suit les pas de ses prédécesseurs en matière de défense et veut encourager une coopération accrue dans les domaines de la défense et de l'espace en Europe.
« Un marché européen des équipements de défense ouvert et compétitif et, dans ses composantes pertinentes, une industrie spatiale forte et innovante contribueraient sans aucun doute à la construction d'une véritable Union européenne de défense », précise la commissaire désignée.
Elle insiste aussi sur la mise en place du Fonds européen de Défense et sur la mobilité militaire, mais également sur les liens entre l'espace, la défense et la sécurité, estimant que l’espace était un « atout stratégique » pour l'Europe et qu’il s’agit aussi bien d’une question industrielle que d'une question d'autonomie stratégique.
Suspectée de conflits d’intérêts à l’époque où elle était eurodéputée, Mme Goulard observera strictement le code de conduite des commissaires, « comme (elle l’a) toujours fait dans ses fonctions antérieures ».
Son audition, prévue mercredi 2 octobre, s’annonce ainsi particulièrement dense.
Pour consulter ses réponses écrites : http://bit.ly/2n9olJ9 (Pascal Hansens et Camille-Cerise Gessant)