Le candidat au poste de Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, s’est présenté, dans ses réponses écrites aux questions des eurodéputés, comme un futur médiateur entre les États membres en cette matière.
« Nous devons veiller à la cohérence de nos actions. L'UE a prouvé qu'elle peut être un acteur influent lorsqu'elle agit de concert. Mon objectif est d'aller au-delà de la recherche du dénominateur commun minimal lorsque les États membres sont divisés. J'ai l'intention de jouer un rôle proactif dans la recherche d'un consensus entre les États membres, en promouvant ce que je crois être dans l'intérêt de l'UE à court, moyen et long termes », explique l’actuel ministre des Affaires étrangères espagnol.
Il plaide aussi pour la fin à l’unanimité en matière de politique étrangère. « Pour être un leader mondial, l'Union doit être en mesure de prendre des décisions plus rapidement et plus efficacement, en surmontant les contraintes de notre processus décisionnel qui peuvent entraver notre politique étrangère », estime-t-il. Le candidat annonce donc vouloir « engager une discussion ouverte avec le Conseil afin de veiller à ce que nous établissions la confiance nécessaire » pour envisager de recourir à la majorité qualifiée. Il propose aussi l’abstention constructive.
« L'utilisation et l'application des possibilités prévues par le traité de Lisbonne, ainsi que l'amélioration des modalités de mise en œuvre de la politique étrangère, contribueront à garantir l'appropriation et l'unité des États membres, ainsi que la cohérence et l'efficacité de l'action extérieure de l'UE », insiste-t-il.
Sur le plan politique, M. Borrell promet de faire du renforcement des capacités institutionnelles en matière de médiation et de dialogue une priorité absolue. Les droits de l’homme sont une autre priorité. « Il est aujourd'hui plus important que jamais que l'UE joue un rôle central dans la promotion et la protection des droits de l'homme dans le monde », plaide-t-il, souhaitant renforcer le partenariat avec le Parlement européen sur ce sujet. « Je n'hésiterai pas à assumer la responsabilité que j'ai envers ceux qui souffrent, ceux qui demandent à être protégés et à être traités avec dignité », assure-t-il. M. Borrell veillera aussi à ce que les droits de l'homme soient abordés comme une question transversale et qu'ils fassent partie intégrante de l’approche globale envers les pays partenaires.
Enfin, en matière de défense, au-delà de poursuivre les travaux en cours, le candidat au poste de Haut Représentant s’est engagé à continuer le renforcement de la coopération UE/OTAN et à mettre l’accent sur l’adoption de la Facilité pour la paix.
Aucune question envoyée par écrit ne porte sur la politique que M. Borrell entend mener envers des pays tiers en particulier. Cela devrait donc être abordé, lundi 7 octobre, lors de son audition devant la commission des Affaires étrangères du PE.
Voir les réponses de M. Borrell (en anglais) : http://bit.ly/2nL4ekx (Camille Cerise Gessant)