La veille de l’échéance du 18 mai, la décision du président des États-Unis, Donald Trump, sur la nécessité de frapper les importations de voitures étrangères de nouveaux droits douaniers est tombée, confirmant un report de 180 jours de la décision présidentielle (EUROPE 12256/12). Européens et Américains ont donc six mois pour identifier une solution négociée.
En effet, dans sa déclaration du 17 mai, le président Trump soutient les conclusions du rapport d'enquête sur les importations d'automobiles au titre de la section 232 du Trade Expansion Act, transmis le 1er février dernier à la Maison-Blanche (EUROPE 12195/1) : « Je souscris à la constatation du secrétaire (Wilbur Ross), selon laquelle les automobiles et certaines pièces d’automobiles sont importées aux États-Unis en quantités et dans des circonstances telles qu’elles risquent de compromettre la sécurité nationale des États-Unis », estime-t-il. Et de charger le représentant au Commerce des États-Unis, Robert Lighthizer, de poursuivre avec l'UE les négociations pour remédier à cette « menace ».
L’UE, soulagée, embraye
« Nous nous félicitons de ce qu'en dépit de quelques différences, l'UE et les États-Unis s'en tiennent loyalement et fidèlement à l'accord de juillet des présidents Juncker et Trump », permettant d’éviter une nouvelle escalade tarifaire, a déclaré à la presse un porte-parole de la Commission, lundi 20 mai.
Qualifiant leurs relations d’« étroites et constructives », le porte-parole a souligné que les parties continueraient à collaborer pour mettre en œuvre leur agenda positif.
À cet effet aura lieu, ce 22 mai à Paris, en marge de la réunion de l'OCDE, une rencontre au niveau ministériel entre la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, et le représentant Lighthizer, la première depuis l'adoption par l'UE des mandats de négociation avec les États-Unis. Ces mandats portent sur l'élimination des droits de douane sur les produits industriels et sur l'évaluation de la conformité (EUROPE 12234/19).
La réunion, qui s'appuie sur les échanges au niveau technique qui ont eu lieu ces dernières semaines, « fournira une occasion de discuter de la manière de poursuivre ce processus », ont précisé à EUROPE des sources de la Commission européenne, ainsi que « de la manière dont le président américain envisage de donner suite au rapport 232 sur les voitures et les pièces détachées ».
Mme Malmström a rappelé, via Twitter le 17 mai, ce que clarifient également les mandats : l'UE ne négociera rien qui soit illégal à l'OMC et, donc, aucune forme de restriction volontaire de ses exportations.
Les présidents Juncker et Trump se rencontreront pour « dresser le bilan » de la mise en œuvre de leur ‘feuille de route’ en marge du sommet du G20 à Osaka les 28-29 juin, a également annoncé le porte-parole de la Commission. (Hermine Donceel)