Le Commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, a une nouvelle fois martelé, lundi 20 mai, la nécessité d’ouvrir les négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord. Une manière de faire pression sur certains États membres toujours hésitants.
La Commission doit présenter les rapports de progrès des pays candidats et potentiellement candidats, le 29 mai. Un rapport qui devrait être positif pour Skopje. « Mes services suivent de près les réformes, en particulier dans des domaines essentiels définis par le Conseil, tels que le système judiciaire, la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, les services de renseignement et l'administration publique. Dans notre prochain paquet 'élargissement', nous rendrons compte des résultats tangibles obtenus dans ces domaines », a-t-il expliqué dans un discours au 'Vienna Economic Talks'.
Au-delà des réformes, le pays a mis en œuvre l'accord de Prespa, sur le nom, autre demande des États membres pour ouvrir les négociations d'élargissement.
Malgré les progrès, l’ouverture des négociations pourrait ne pas être accordée fin juin, ce qui, selon M. Hahn, aurait un impact négatif sur l’UE elle-même. « Au sein de l'UE, nous devons tenir nos engagements et ouvrir des négociations afin de continuer à garantir la crédibilité de l'Union en tant qu'acteur clé dans la région », a-t-il souligné. Selon lui, « si nous ne parvenons pas à récompenser l'accord historique de Prespa et le grand effort de réforme de la Macédoine du Nord, nous porterons gravement atteinte au pouvoir d'attraction de l'UE sur ses voisins et sur les Balkans occidentaux en particulier ». Puis il a mis en garde : « l'incitation à l'adhésion à l'UE perdra de son effet de levier, ce qui portera un coup dur au dialogue Belgrade-Pristina et aux efforts de l'UE pour exporter la stabilité dans la région. Au lieu de cela, nous allons créer un grand vide que d'autres joueurs sont très désireux d'explorer ». L'UE s'inquiète du potentiel rôle de la Russie, la Turquie ou bien la Chine dans la région.
Rappelant que la stabilité politique allait de pair avec le développement économique, le commissaire a également appelé à investir dans le pays. « La Macédoine du Nord connaît un nouvel élan, créant des occasions qu'il faut saisir à deux mains pour renforcer encore la croissance économique », a-t-il souligné. (Camille-Cerise Gessant)