La mobilisation accrue des citoyens et de tous les acteurs par des changements de comportements et de modes de vie, une véritable circularité de l'économie et des solutions technologiques innovantes sont essentielles pour mettre l'UE sur la voie d'une économie climatiquement neutre, ont souligné les ministres européens de l'Environnement lors de leur réunion informelle, lundi 20 mai à Bucarest.
'Des solutions innovantes et le rôle des citoyens pour un avenir sobre en carbone : comment mieux profiter des opportunités liées au mode de vie, à la circularité, à l'aménagement du territoire' était le thème dont ils ont débattu le matin (EUROPE 12257/16).
« C'est un thème extrêmement important au niveau européen, international et national. Trouver des solutions innovantes nécessitera la mobilisation des autorités centrales, locales et des ONG », a déclaré la ministre roumaine de l’Environnement, Grațiela Gavrilescu, qui a présidé la session.
Et d'insister aussi, lors d'une conférence de presse à la mi-journée, sur l'importance de « prendre en compte les particularités socio-économiques » des différents pays. « Les instruments financiers de l’UE sont très utiles pour stimuler et promouvoir les investissements privés et les technologies innovantes nécessaires. »
La présidente en exercice du Conseil 'Environnement' et les ministres ont estimé que les choix des consommateurs et des citoyens individuels, par exemple, en matière de mobilité, de logement et de consommation alimentaire, qui réduisent la consommation d'énergie ou l'utilisation de certains produits et services à forte intensité de carbone peuvent contribuer directement à réduire les émissions de gaz à effet de serre. De même qu'une société climatiquement neutre bénéficiera d'une circularité accrue.
Le commissaire européen à l'Action pour le climat et l'Énergie, Miguel Arias Cañete, a remercié la Présidence roumaine de contribuer à faire avancer la réflexion sur la stratégie climatique de long terme dont l'UE doit se doter en 2020 et d'insister sur l'importance d'impliquer tous les citoyens et tous les acteurs, par leur « participation active », pour viser « une économie neutre en carbone à l'horizon 2050 ».
« Les préoccupations récentes et la jeunesse qui donne de la voix montrent que beaucoup d'Européens sont prêts à participer à cette transformation. Des changements d'attitude sont perceptibles, comme en témoigne, par exemple, celle des citoyens à l'égard des sacs plastiques à usage unique », a-t-il déclaré.
Selon lui, « il faut garder à l'esprit que les bénéfices à long terme de cette transition ne se traduiront pas concrètement dans l'immédiat pour tous les citoyens, tous les secteurs et toutes les régions. Garantir que personne ne soit laissé de côté est une partie essentielle de notre mission ».
Les ministres ont poussé la réflexion plus loin, au déjeuner, par un échange informel sur l'adaptation au changement climatique. Le commissaire a indiqué aux ministres les domaines dans lesquels l'UE peut faire mieux pour s'adapter.
Et de citer, devant la presse : - une meilleure coordination entre l'adaptation et la réduction des risques de catastrophes ; - la nécessité que le secteur insulaire déploie son rôle interrégional pour soutenir plus activement l'investissement dans l'adaptation ; - prendre davantage en compte la santé et faire de la santé une nouvelle priorité dans l'adaptation.
« Nous devons nous concentrer sur l'amélioration de la préparation, en particulier lors des vagues de chaleur et autres épisodes extrêmes », a-t-il précisé.
Soulignant les défis importants auxquels sont confrontées les villes du fait des impacts négatifs du changement climatique et le fait qu'en 2050, 80 % des citoyens de l'UE vivront dans les villes, le commissaire a ajouté que l'adaptation en zone urbaine est d'importance cruciale pour réduire les risques liés au climat pour les citoyens et l'économie en Europe.
À l'en croire, les ministres ont fait part de leur intérêt pour ces actions à creuser, étant entendu que, même si l'Accord de Paris est respecté, les changements climatiques auront des impacts négatifs sur la société et sur l'économie européennes.
À la veille de la Journée mondiale de la biodiversité, qui mettra l'accent, le 22 mai, sur la biodiversité comme fondement des systèmes de santé et des systèmes alimentaires, les ministres ont consacré une deuxième session de travail à la crise de la biodiversité mondiale et aux perspectives d'un cadre post-2020 pour endiguer l'effondrement des espèces et des habitats. (Aminata Niang)