La décision américaine d'interdire à ses entreprises de faire affaire avec Huawei commence à produire ses premiers effets. Dimanche 19 mai, Google a restreint l'accès de l'équipementier chinois à son système d'exploitation Android et, le lendemain, plusieurs fabricants de puces électroniques ont interrompu leurs livraisons à cette entreprise.
Pour rappel, le président américain Donald Trump avait signé, le 15 mai, un décret présidentiel interdisant aux réseaux de télécommunications américains de se fournir en équipements auprès de sociétés étrangères jugées à risque (EUROPE 12256/22). Les États-Unis invoquent une « urgence nationale » en s'appuyant sur « un certain nombre d'allégations selon lesquelles Huawei et ZTE, au fil des années, auraient été impliquées dans des vols de propriété intellectuelle ».
À la suite de ce décret, Google a annoncé son intention de couper l'accès de Huawei à ses services, notamment au sein du système d'exploitation Android. L'accès de Huawei se limitera désormais à la version simplifiée du système, Android Open Source Project (AOSP). L'entreprise continuera à fournir des mises à jour de sécurité et des services après-vente concernant ses produits existants des marques Huawei et Honor, déjà vendus ou encore de stock. Toutefois, les smartphones Huawei pourraient, à terme, présenter des failles non réparées et contenir des applications obsolètes, à moins que le fabricant chinois ne vienne à proposer son propre système d'exploitation.
Par ailleurs, le 20 mai, le géant des microprocesseurs Intel, le fabricant de puces Qualcomm et le producteur de semi-conducteurs Broadcom ont interrompu leurs livraisons à Huawei, ont confirmé plusieurs agences de presse. Selon ces mêmes sources, l'allemand Infineon, qui utilise plusieurs composants américains pour fabriquer ses puces électroniques et est donc soumis aux mêmes règles que ses homologues outre-Atlantique, a pris la même décision. (Sophie Petitjean)